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La célébration de la Journée Mondiale
du Refus de la Misère
le 17 Octobre 1998


Quelques échos du 17 Octobre 1998
reçus par le Comité Mondial de la Journée du 17 octobre


Introduction

  1. Des symboles du refus de la misère
  2. La parole des plus pauvres
  3. Des personnes de tous horizons

La Journée à travers le monde

  1. Les messages de soutien
  2. La mobilisation des enfants et des jeunes
  3. L'agenda mondial

Introduction

Comme chaque année depuis 1987, des défenseurs des Droits de l'Homme se sont rassemblés à la mémoire des victimes de la faim, de l'ignorance et de la violence, pour marquer leur volonté de construire une société où personne ne sera ni oublié, ni méprisé. Cette journée d'unité pour mettre fin à la misère, se fait autour et avec ces hommes, ces femmes et ces enfants qui luttent tous les jours pour leur dignité.

La misère atteint profondèment l'humanité de ceux qui la subissent mais aussi l'humanité de tous. S'attacher à la détruire, c'est se donner les conditions d'un avenir commun, c'est permettre à l'humanité d'exister en plénitude. Ce 17 octobre a été l'occasion de rappeler que "refuser la misère, c'est bâtir l'avenir de tous".

La journée du 17 octobre a vu une multitude d'évènements plus ou moins grands, tous dans le but de rassembler des personnes très diverses autour de la lutte contre la misère ; célébrations, marches, cérémonies religieuses, artistiques ou culturelles, concerts, chorales, pièces de théatre, débats, conférences publiques, appels, émissions de radio, échanges de messages et témoignages à travers le site internet du 17 octobre mais aussi visites à une famille plus isolée, lettres à des prisonniers par des hommes vivant à la rue, temps de recueillement sur des lieux de misère, gestes de solidarité, temps de fête ou de convivialité.

Plusieurs lieux ont marqué la journée par des symboles, en voici quelques exemples. Au Sri-Lanka, des parents et des enfants ont allumé des lampes à huile pour souhaiter une lueur d'espoir au monde blessé par la pauvreté.

A Rouyn-Noranda, au Canada, des marcheurs portaient des briques pour symboliser le poids de la misère. Ils ont marché pour rendre hommage au courage de ceux et celles qui ne cessent de marcher pour chercher du travail, pour quelques heures ou quelques jours. Ils ont marché en silence par respect pour toutes les personnes écrasées par la misère et que l'on n'entend jamais. Ils ont marché à la nuit car bien souvent les efforts des plus pauvres sont ignorés et se passent dans l'ombre.

Au Burkina-Faso, une toile artisanale tissée par des jeunes, des enfants, des familles représentait le courage et l'engagement de tous. "Pour ce tissage, chacun a passé son fil, signe de notre union" a dit un homme.

A Thetford-Mines au Canada, une réplique de la dalle commémorative a été inaugurée près du bâtiment regroupant les organismes communautaires de la ville.

Les enfants et les jeunes se sont particulièrement mobilisés pour la journée par des messages, des marches, des créations artistiques. Des expositions de dessins en Haïti et d'animaux en papier maché en Thaïlande ont mis en valeur la créativité des enfants des quartiers défavorisés.

La journée du 17 octobre est avant tout la journée où la parole des plus pauvres est au coeur de tous rassemblements, "La journée où on entend la voix des sans-voix" disent des jeunes, et des adultes de Côte d'Ivoire.

Des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, témoignent de leur propre vie ou de celles de leurs amis, leurs voisins, etc..

Ainsi, des jeunes ont témoigné au Trocadéro, à Paris, pour tous ces jeunes qui malgrè leurs efforts ne trouvent ni travail, ni formation.

Mr. T. Nino des Philippines dit l'importance de la dalle commémorative. "Avant nous étions tenus à l'écart des autres, c'était chacun pour soi. Depuis qu'il y a la dalle, le gouvernement a commencé à nous prendre en compte."

Des familles de Haïti nous font part. "Quand l'un de nous partage sa souffrance, nous la sentons jusque dans notre chair. Cela nous bouleverse elle devient notre propre souffrance. Toujours nous luttons contre cette vie de misère. Mais une chose est sûre, si nous ne nous mettons pas ensemble, nous n'en sortirons jamais."

La vice-rectrice de l'Université Nationale de Cusco au Pérou, s'adressant à des universitaires, a appelé " à voir les pauvres non comme des chiffres, des statistiques mais comme des êtres humains qui détiennent une connaissance ignorée par tous."

Monsieur M'Baye, conseiller au Ministère dela Femme au Sénégal a écouté pendant plus de deux heures des familles particulièrement éprouvées de son pays, dont des handicapés qui mendient dans la rue.

Parmi les messsages de soutien à la journée qui ont été reçus, voici un extrait du message du Cardinal Sin, de Manille. "La pauvreté reste un fléau qui tourmente des milllions de personnes tous les jours. C'est le plus grand obstacle à la paix durable dans le monde. Se confronter à elle redonne sens à la forme de solidarité la plus profonde entre les hommes et les femmes."

 


La Journée à travers le monde

 

Plus de 200 évènements ont eu lieu, entre autres dans les pays suivants:

Algérie, Allemagne, Argentine, Bangladesh, Belgique, Bénin, Bolivie, Burkina-Faso, Cameroun, Canada, Colombie, Côte d'Ivoire, Egypte, Equateur, Espagne, Etats-Unis d'Amérique, France (y compris la Guadeloupe et l'Ile de La Réunion), Guatémala, Haïti, Honduras, Inde, Italie, Kénya, Luxembourg, Madagascar, Ile Maurice, Nigéria, Ouganda, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Rwanda, Sénégal, Sri-Lanka, Suisse, Taiwan, Tanzanie, Tchad, Thaïlande, Togo, Uruguay.

Parmi les personnalités se sont engagées et ont soutenu la journée ;

 

Grâce au soutien des adultes, les enfants se sont fortement mobilisés. Ils ont surpris par les gestes qu'ils ont posés,par leur réflexion, et par leur facilité à faire le lien entre la journée mondiale et leur vie quotidienne.

Un professeur de Belgique raconte: " Cédric de 3ème disait en traversant un quartier défavorisé de la Louvière "j'ai habité pendant 7 ans dans une maison comme celle de David .. pleine d'humidité". David est le héros du livre que nous lisons ensemble en classe. Ce matin 17 octobre, les élèves ont osé parler dans 4 classes malgrè leur peur et le manque de préparation. Que des élèves fassent eux-mêmes cette proposition en sachant les risques qu'ils courent d'être ridiculisés, permet d'évaluer le chemin parcouru dans une école où, il y a 30 ans, des profs se moquaient d'un prêtre engagé avec les plus pauvres."

Jospéhine P. de Colombo, au Sri Lanka, anime un projet de classe pré-scolaire. Elle écrit :" "pour le 17, nous avons réuni tous les enfants de notre projet qui habitent des maisons de fortune construites sur un terrain marécageux.... Je leur ai expliqué que des milliers de personnes en France se rassemblaient à la Dalle à Paris afin de montrer leur préoccupation pour les plus pauvres partout dans le monde... A la fin les enfants ont fait 5 minutes de silence pour marquer leur respect pour les pauvres à travers le monde. Les enfants ont gardé ce silence d'une manière merveilleuse. C'était impressionnant de les voir debout, solennels avec leur tête baissée pendant tout ce temps."

A Rouyn-Noranda et à Joliette au Canada, 550 enfants d'écoles primaires ont marché en silence dans leur quartier pour montrer qu'ils sont conscients de la pauvreté et dire qu'ils veulent aider à l'éliminer. Les enfants avaient compris que "le silence peut crier plus fort que des paroles". "Nous marchons en silence par solidarité et par respet. On veut leur montrer qu'ils ne sont pas seuls et qu'on est conscients de leur situation. Il ne faut pas juste regarder l'habit mais aussi le coeur qui s'y cache" a expliqué Philippe en 5ème année à un journaliste.

Au Cameroun, des enfants recueillis par la fondation Petit Dan et Sarah, sont allés donnés un coup de main à d'autres enfants et à leurs parents pour réparer la cour et le bâtiment de l'école en mauvais état. Ils écrivent :" C'est devenu une fête à la fin de cette journée... Nous avons été très heureux de partager leurs difficultés et surtout de trouver des choses à faire ensemble pour dire non à la misère".

Grâce à la mobilisation de parents, de professeurs des écoles et collèges, de l'inspecteur d'académie, une cinquantaine d'écoles de Rennes et de la région, en France, ont créé des panneaux sur le thème "refuser la misère, c'est bâtir l'avenir de tous". Les écoles ont été accueillis place de la Mairie tout au long de la journée pour déposer leur panneau sur une palissade qui coupait la place à cause de travaux . Des personnes connaissant la misère ont dialogué avec les enfants sur le sens de la journée, sur la misère et l'exclusion qui peut se vivre au sein de leurs écoles. Une enfant de 8 ans a dit ce qu'elle comprenait de la misère : "la misère, c'est aussi des gens, ils sont tellement pris par leur misère, ils sont aveuglés, et ils ne voyent plus la vie qui coule."

De nombreux messsages d'enfants ont été reçus dont celui de cette petite fille de France qui écrit : "Nous avons été en colonie. A l'arrivée, on devait décharger nos valises. J'ai vu plusieurs valises où c'était marqué : "Denis : la DASS". Il y avait Mélanie. La DASS n'avait pas donné à ses vrais parents l'adresse de la colonie et sur ses vêtements au lieu du nom de famille, il y avait inscrit le chiffre "187". C'est dommage que tout le monde ne connaisse pas le 17 octobre."

A Antananarivo, à Madagascar; Jean-Pierre, Nadia, Sydonie, Annie, Soahirama, Rajery, ont témoigné des engagements qu'ils prennent dans leur vie professionnelle, sociale, culturelle, religieuse. Cela se passait lors de la commémoration regroupant une centaine de personnes, des représentants de l'église, des ministères, des ONG, des familles d'Antohomadinika.

En France, comme l'an dernier, des jeunes soutenus par la FSGT et Jeunesse Quart Monde ont organisé des fêtes de "Sporlidarité". Par le sport, les enfants et les jeunes apprennent à être solidaire de ceux qui ont la vie la plus dure. A chaque atelier les régles sont adaptées pour que les jeunes vivent cette solidarité.


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