Retour 17 octobre1999

"Ta dignité, c’est ma dignité !"

APPEL AUX CITOYENS

pour le respect de l’égale dignité de tous


La misère est une atteinte à la dignité de tous.

Elle est inacceptable.

Refusons-la comme nous avons refusé l'esclavage et l’apartheid.

Les enfants du monde nous poussent à un nouvel engagement citoyen.

" Aujourd’hui combattre la misère est la chose la plus importante. Sans la famille on ne peut pas vivre, on ne peut pas grandir. Tous les enfants devraient pouvoir apprendre. (…) C’est important que les parents aient du travail (…) Il faut que tout le monde s’y mette ". Genève, Forum international des enfants, 20 novembre 1999.

Agissons personnellement, soutenons ceux qui s'engagent, et interpellons les responsables publics pour que soit appliquée en France la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions.

Article 1er : La lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l'égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l'ensemble des politiques publiques de la nation. La présente loi tend à garantir sur l'ensemble du territoire l'accès effectif de tous aux droits fondamentaux dans les domaines de l'emploi, du logement, de la protection de la santé, de la justice, de l'éducation, de la formation et de la culture, de la protection de la famille et de l'enfance.(...)


Cet appel, lancé le 17 octobre 1999 (à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère) est un point de départ. Il évoluera à partir des contributions et des engagements de chacun.

Appel aux citoyens – ATD Quart Monde – 95480 Pierrelaye


Un constat :


La misère est le plus grave des fléaux : dans le monde, elle tue chaque jour davantage que les guerres et les épidémies les plus meurtrières.

En France, 4ème puissance économique mondiale, elle continue de progresser et prive de nombreux adultes et enfants des conditions de vie conformes à la dignité et aux droits de l’homme :

  • 200 000 personnes sont sans-abri et 2 millions sont mal logées. 6 millions de personnes dépendent des minima sociaux, dont 2 millions du RMI. 3 millions de personnes sont au chômage, dont 120 000 jeunes depuis plus d’un an et 500 000 adultes depuis plus de 2 ans. Plus de 50 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification.
  • Une conviction :


    La misère n’est pas fatale. Elle existe parce que la société la tolère, plus soucieuse de la soulager que de la détruire. Beaucoup d’entre nous croient, à tort, que ce combat est hors de leur portée, hors de leurs compétences et de leurs moyens.

    Un engagement :


    Comme d’autres en Europe et dans le monde, chacun peut agir contre la misère et faire respecter autour de lui l’égale dignité de tous (en tant qu’électeur, en tant que parent, enfant ou jeune, dans son travail, dans son quartier ou sa cité, dans les associations...). On n’est pas citoyen seulement le jour des élections !

    Nous disposons maintenant en France d’une loi d’orientation contre les exclusions qui ne sera appliquée et améliorée qu’ à deux conditions :

  • - si les citoyens veillent à ce que les responsables publics, à tous les niveaux, mettent effectivement en place toutes les mesures que cette loi préconise,

    - si, dans la vie quotidienne et dans tous les domaines, les plus pauvres sont considérés par tous comme des partenaires et des acteurs indispensables.

  • Des idées et des exemples

    pour faire respecter les droits fondamentaux

    que veut garantir la loi contre les exclusions :

    Le droit à une vie familiale

    ŸAller à la rencontre d'une famille ou d'une personne très isolée.

    Ÿ Chercher à comprendre le point de vue des familles critiquées plutôt que de laisser circuler des anecdotes et des jugements.

    Ÿ Accueillir chez soi, sans discrimination, les copains de ses enfants et encourager ceux-ci à inviter ceux qui ne sont invités nulle part.

    Ÿ

    Le droit au logement

    Ÿ Chercher tous les moyens d’une meilleure vie de quartier où chacun a sa place.

    Ÿ Si une pétition circule pour une expulsion ou contre une famille, chercher à comprendre la situation ; si besoin, manifester son désaccord, soutenir la famille. Veiller à ce que celle-ci soit respectée.

    Ÿ S'opposer aux arrêtés municipaux qui refusent le droit de cité aux personnes à la rue ou aux gens du voyage.

    Ÿ Discuter avec d'autres habitants et avec les élus sur la nécessité de logements accessibles à des familles à très bas revenus.

    Ÿ

    Le droit à des moyens convenables d’existence (en priorité grâce à un travail rémunéré)

    Ÿ Dans son entreprise, réfléchir avec d’autres (dans son syndicat, son comité d’entreprise...) sur la place donnée aux jeunes sans qualification et aux chômeurs de longue durée.

    Ÿ S’assurer que les 35 heures créent des emplois, que les dispositifs d'aide à l'emploi et à la formation sont utilisés conformément à leurs objectifs.

    Ÿ Demander le relèvement progressif du RMI et des divers minima sociaux en fonction du seuil de pauvreté, en coordination avec le relèvement du pouvoir d'achat des bas salaires.

    Ÿ

    Le droit à la protection de la santé

    Ÿ Demander à sa mutuelle si elle participe à la couverture complémentaire des personnes à bas revenus bénéficiant de la CMU (Couverture Maladie Universelle).

    Ÿ En tant que professionnel de la santé, chercher à mieux connaître et accueillir la population qui a le plus difficilement accès à ce droit. Demander une formation à la connaissance de cette population.

    Ÿ

    Le droit à l’éducation, à la formation et à la culture

    ŸA l'école, au collège, dans le quartier, faire attention à ce que tout le monde soit respecté, que personne ne soit isolé. Dire non à la violence.

    ŸSoutenir les enseignants qui se battent pour la réussite de chaque enfant.

    ŸNe pas envisager comme seule solution de retirer ses propres enfants des classes ou écoles fréquentées par des élèves en difficulté.

    ŸS'investir dans une association de parents pour la réussite de tous les élèves.

    ŸVeiller à ce que les associations culturelles, sportives ou de loisirs auxquelles nous appartenons aient le souci de la participation des personnes de tous milieux.

    Ÿ

    Le droit à une égale justice

    Ÿ S’assurer qu’il existe des imprimés d’aide juridique dans sa mairie et que les consultations juridiques gratuites sont bien annoncées.

    Ÿ Ne pas accepter qu’on fasse l’amalgame entre délinquance et milieux défavorisés. Réagir lorsque la justice ou la presse traitent des personnes vulnérables sans le respect dû à chacun.

    Ÿ

    Et plus généralement :

    Ÿ Réagir quand quelqu'un se fait humilier dans un lieu public ou en milieu professionnel. Ÿ Chercher à mieux comprendre ceux dont la vie est plus difficile. Ÿ Réagir aux informations diffusées dans la presse, demander aux médias de mieux nous informer. Ÿ S'intéresser aux budgets : comité d'entreprise, commune, département, région, Etat, relations internationales (où va l'argent ? où sont les priorités ?). Ÿ Interroger les élus sur leurs programmes et sur l'application de la loi d'orientation contre les exclusions.

    Ÿ Profiter du passage aux 35 heures pour s’engager dans une association…


    " Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, <
    les droits de l’homme sont violés.

    S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. "

    Père Joseph Wresinski.

    Texte gravé sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro (Paris)

     

     


    APPEL AUX CITOYENS

    pour le respect de l’égale dignité de tous


    "Ta dignité, c’est ma dignité !"

    Pour contribuer à développer un grand courant contre la misère, je m’engage pour le respect de l'égale dignité de tous, et je veux chercher à :

    * agir personnellement dans mes lieux de vie et de travail pour refuser toute forme d’exclusion d’enfants, de jeunes, d’adultes ou de familles.

    * soutenir les personnes et les projets qui assurent aux plus défavorisés comme à tous la pleine reconnaissance de leur égale dignité et de leurs droits fondamentaux.

    * veiller à ce que les responsables publics, à tous les niveaux, mettent en place et appliquent les politiques, les mesures et les orientations préconisées par la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions.

    Fait à.................................... le..................... Signature :

    • Je souhaite être tenu au courant des avancées de cet Appel aux citoyens Oui O Non O

    • Dans la mesure du possible, je souhaite être mis(e) en contact avec des personnes qui prennent le même engagement. Oui O Non O

    • Je souhaite recevoir une présentation de la loi contre les exclusions. Oui O Non O

    • Je souhaite recevoir ....... exemplaires de cet Appel aux citoyens.

    Nom ............................................................... Prénom ...................................

    Adresse ...........................................................................................................

    ...................................................................... Tél. ...........................................

    Profession (facultatif) ......................................................................................

    • Je communique ici mon expérience et mes tentatives concrètes pour refuser l’exclusion :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A renvoyer à :

    Appel aux citoyens

    Mouvement ATD Quart Monde

    95480 Pierrelaye

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