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17 octobre 2002 |
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Chaque jour, en France et dans le monde, des hommes et des femmes souffrent et meurent à cause de la misère. « S’accorder seulement pour agir quand il est trop tard, quand la mort par le froid nous choque et nous dérange, n’est pas acceptable […] Le fondement de notre société est en jeu, ayons le courage de refuser que des personnes et des familles vivent dans l’inhumanité », disait Geneviève de Gaulle Anthonioz.
La Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, doit être l’occasion de :
Refuser la misère, ce n’est pas la refouler hors de nos quartiers, de nos villes ou de nos frontières : cela revient seulement à la déplacer, engendre un surcroît d’exclusion et s’apparente à du « racisme anti-pauvres ».
Dans le combat contre la misère et l’exclusion, chaque attitude, chaque geste compte. C’est pourquoi, le Mouvement ATD Quart Monde lance un Appel aux citoyens soutenu par le CIDEM (Collectif d’Associations pour le Civisme et la Démocratie). Il s’agit de montrer que chacun peut faire quelque chose, là où il est, pour faire respecter l’égale dignité de tout être humain.
Agir contre la misère et l’exclusion dans son quartier, sa ville, son association, son parti politique…, c’est faire progresser la démocratie en France, en Europe, dans le monde, et comprendre qu’aucun progrès social n’est possible s’il n’intègre pas les plus démunis
Le 17 octobre :
Concrètement et symboliquement, tous ceux qui le désirent pourront organiser ou rejoindre "des rendez-vous civiques" - rassemblant quelques à plusieurs dizaines de personnes autour d’un temps festif, d’une conférence-débat, d’une animation de quartier … - afin d’échanger sur la meilleure manière de lutter contre la misère et l’exclusion et d’en envisager une mise en œuvre concrète.
À l'initiative de la mairie et/ou d'associations, des rassemblements auront lieu dans de nombreuses villes en France et dans le monde : à Bastia, Dakar, Toulouse, Manille, Québec, Bordeaux, Port-au-Prince, Montpellier, Montréal, Angers, Bangkok, Nancy, Abidjan, Lyon, Bruxelles, Toulon, Dar Es-Salaam…
Des élèves d'écoles, de collèges, de lycées, avec leurs professeurs, réfléchiront sur la grande pauvreté et pourront contribuer à la campagne "l'amitié c'est dans le sac !"
À Paris, au Trocadéro, à partir de 18h30, une cérémonie commémorative des victimes de la misère rassemblera des personnes en situation de grande pauvreté, des citoyens qui leur sont solidaires et des responsables politiques et de la société civile, pour un temps de témoignages et de prises de paroles à un niveau national et international.
L’inacceptable n’a pas de frontières. Il est temps de bâtir une société où les plus pauvres ne sont plus perçus comme d’éternels assistés mais sont reconnus comme des experts de la pauvreté et des partenaires incontournables à la construction d’un monde plus juste, plus humain.
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».
Joseph Wrésinski
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Contacts presse : Chantal Duray –
Dominique Béchet - ATD Quart Monde
Communication |
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17 octobre 2002 |
DES RENDEZ-VOUS CIVIQUES
Le sursaut civique observé au moment des élections présidentielles ne s’est pas traduit dans la durée. Cet épiphénomène montre néanmoins qu’exercer pleinement sa citoyenneté va au-delà du droit de vote. En outre, pour que la démocratie se traduise aussi dans les faits, chacun est appelé à être acteur, individuellement et collectivement, dans la lutte contre la misère et l’exclusion. Certains sont convaincus de la nécessité d’agir pour un monde plus juste et où la misère serait éradiquée, mais parallèlement, ils ne savent pas comment agir.
A l’occasion du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, il est proposé à chacun d’exprimer clairement son refus d’une société où la misère et l’exclusion sont banalisées, où les plus pauvres sont culpabilisés et où leur parole ne compte pour rien.
Symboliquement, tous ceux qui le désirent sont invités à organiser ou à rejoindre "des rendez-vous civiques" –rassemblant 3 ou 4 personnes ou plusieurs dizaines- afin d’échanger sur la meilleure façon de prendre en compte, en tant que citoyens, seul ou ensemble, la lutte contre la misère et l’exclusion.
Il s’agit ainsi de nourrir un grand courant démocratique pour faire respecter concrètement l’égale dignité de toute personne quelle qu’elle soit.
Que faire pendant ces rendez-vous civiques ?
P partager la connaissance que chacun a de la pauvreté et de l’exclusion dans son lieu de vie (quartier, lieu de travail, commune…) : qui sont, selon vous, les plus pauvres, qu’est-ce qu’ils vivent, comment sont-ils perçus, quelles sont leurs attentes… ?
P partager ce que les uns et les autres font ou ont fait pour changer la situation : ce peut être participer à une association, avoir eu l’occasion de défendre une personne parce qu’on n’acceptait pas qu’elle soit méprisée…
P s’appuyer sur l’Appel aux citoyens "Ta dignité, c’est ma dignité !" pour voir ce qu’on peut faire, personnellement ou ensemble, pour agir en s’inspirant des idées et des exemples qui sont donnés dans cet Appel et en les adaptant, si nécessaire, à votre situation.
Ces rendez-vous civiques peuvent avoir un aspect festif mêlant réflexion et rencontre avec jeux, musique…
Où faire ces rendez-vous civiques ?
Ils peuvent avoir lieu partout, là où vous pouvez le plus naturellement rassembler des personnes avec vous.
P dans votre lieu de vie : chez vous en invitant les voisins, au centre social du quartier (en en parlant au responsable et en l’engageant avec vous…
P dans des lieux de citoyenneté : mairie, local associatif… en en parlant avec le maire et en l’entraînant avec vous
P dans votre Comité d’entreprise, syndicat… en invitant vos collègues
P dans votre lieu de culte, votre association de parents d’élève, de quartier…
Chacun peut avoir des idées. Il paraît important, lorsque c’est possible, de se retrouver avec des personnes subissant la précarité comme actrices et partenaires.
pour savoir où ont lieu certains de ces rendez-vous, cliquez
ici
Pour cela, nous vous proposons des outils :
P l’Appel aux citoyens "Ta dignité, c’est ma dignité !"
Cet Appel donne des idées très concrètes que chacun peut mettre en œuvre dans sa vie quotidienne pour agir contre la misère et l’exclusion, selon ses moyens et sa disponibilité.
P un site Internet (www.oct17.org) sur lequel vous trouverez les différents rendez-vous civiques organisés en France et les manifestations organisées à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère.
P des affiches sur lesquelles il vous suffira
de rajouter l’heure et le lieu du rendez-vous
Vous pouvez également
fabriquer vos propres outils : exposition …
Et après ?
P Si cela vous est possible, nous faire parvenir un compte-rendu de ce rendez-vous civique pour que nous le fassions exister en lien avec tous les autres rendez-vous civiques qui seront organisés en France.
P Nous envoyer les Appels aux citoyens qui auront été remplis lors de ce rendez-vous civique.
Dîtes-nous ce que vous voulez
organiser pour que nous le fassions connaître.
Merci de nous dire ensuite, ce
que vous aurez fait.
La persistance de la misère est une atteinte à notre dignité et à notre citoyenneté à tous. Ces rendez-vous veulent alimenter un courant de civisme indispensable à une société plus juste et solidaire.
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17 octobre 2002 |
La pauvreté en France : État des lieux
Pauvreté monétaire :
Selon
l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, 7% des
ménages, soit 4,5 millions
d’individus, ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté -établi en 2001 à
564 € par mois pour une personne seule et à 1173 € pour un couple avec deux
enfants-.
Un
rapport de l’INSEE révèle que 1,3
million de travailleurs disposeraient d’un revenu inférieur au seuil de
pauvreté. En comptant les adultes et les enfants qui vivent avec eux, ce sont 3
millions de personnes qui connaissent la pauvreté économique au quotidien dans
des ménages où l’on travaille.
Selon
la Caisse d’Allocations Familiales, la pauvreté touche 6.1 millions de
personnes.
Conditions de vie précaires :
11 à 12% des ménages connaîtraient des difficultés d’existence du fait de contraintes budgétaires, du surendettement, de restrictions de consommation, de difficultés de logement. A noter toutefois que cet indicateur a accusé une légère diminution entre 1997 et 2000.
Logement :
1.6 million de personnes vivent dans des logements
sans douche ou sans WC ou les deux.
1 million de personnes sont logées en situation de surpeuplement.
555
000 personnes, dont 50 000 enfants, vivent dans des hôtels, des meublés ou sont
sous-locataires.
Parallèlement,
en 1999, 1 989 758 logements étaient vacants.
Les
dispositifs visant à faire diminuer le nombre d’expulsions restent sans effet
et les expulsions continuent d’augmenter.
45 828 personnes ont été expulsées en 2000.
Seuls
30% des ménages pauvres habitent un logement social, type HLM. Ils occupent
ainsi seulement 19% de ce parc.
202
000 personnes sont sans abri.
45
000 personnes sont désocialisées à
Paris.
Santé :
La
Couverture médicale universelle a permis une amélioration sensible de l’accès aux soins : fin septembre
2001, 1.2 million de personnes bénéficient de ce régime de base et 4.6 millions
de la protection complémentaire. Or, en 2000, un individu sur trois avait
renoncé à se soigner pour des raisons financières.
Cependant,
des inégalités demeurent. A titre d’exemple, chez les enfants scolarisés dans
les zones d’éducation prioritaire on observe une plus grande fréquence de
l’obésité infantile, une plus faible prise en charge et prévention des troubles
liés à la vision et à la santé bucco-dentaire.
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17 octobre 2002 |
Vivre dans la grande pauvreté : Témoignages
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« Il est temps de redevenir des êtres humains et pas des assistés ». |
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« Mettre nos enfants tous les jours à l’école nous demande parfois un grand effort, surtout quand nous n’avons rien à leur mettre dans leur cartable et que nous avons peur des réprimandes scolaire ». |
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« Beaucoup
d’entre nous ont fait l’expérience –et la font encore aujourd’hui- qu’on enlève nos enfants pour les placer.
Ainsi nos familles sont déchirées.
Nous perdons le contact avec nos enfants. Nous n’avons plus de relations avec
eux. Nos enfants sont placés à l’étranger. Alors, ils nous deviennent
étrangers. |
| « Les employeurs, il faut qu’ils arrêtent de nous prendre pour moins que rien. Qu’ils croient en notre compétence, qu’ils nous prennent pas pour des débiles ». |
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« Je voudrais changer de logement pour mes enfants. Je suis dans un logement insalubre, c’est comme une cave. Dans ce logement humide, les enfants sont malades ». |
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« Les professionnels, ils nous répètent toujours ce qui ne va pas mais ne voient jamais ce qu’on fait de bien. On est des esclaves psychologiques ». |
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17 octobre 2002 |
Des citoyens s’engagent : Témoignages
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« Par le biais de mes enfants scolarisés, je rencontre des enfants qui lancent des cris de détresse, ou des mamans seules. Une de mes actions est de rencontrer et de discuter autour d’un café, puis d’aller jardiner ensemble, car il ne suffit pas de papoter ». |
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« J’ai envoyé un e-mail à une chaîne de télévision suite à un reportage désolant qui, à propos de l’écroulement d’un plancher dans un immeuble à Paris, se contentait de traiter le trou béant comme si c’était un accident venu du ciel : un plancher ne s’effondre pas sans que l’immeuble donne des signes de dégradation avancée. D’ailleurs, on ne saura rien du sapeurs-pompier. La moindre des choses est de s’interroger sur les conditions de vie des habitants d’un tel immeuble ». |
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« Rester plus longtemps à simplement m’énerver sur les actualités n’avait pas de sens, s’engager, c’est matériellement refuser des situations inacceptables qu’on n’a aucun espoir de changer si on ne s’y oppose pas activement. C’est pourquoi j’ai donné des cours d’alphabétisation dans un foyer de migrants puis me suis engagée à la cafétéria de la solidarité de d’une association, lieu d’accueil de jour pour des personnes en situation de détresse morale et matérielle. » |
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« En tant que maire et conseiller général, je milite autant que je peux pour un accueil véritable des gens du voyage dans notre département et pour l’application de la Loi d’Orientation ». |
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« Je me suis battu pour éviter que l’on enterre un homme comme un chien en terrain communal (qui remplace la fosse commune aujourd’hui). Parce que cette famille n’est pas fortunée, on lui refusait une inhumation convenable comme un être humain ». |
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17 octobre 2002 |
HISTOIRE DU 17 OCTOBRE
JOURNÉE MONDIALE DU REFUS DE LA MISÈRE
Depuis 15 ans, la Journée mondiale du refus de la misère s’inscrit avant tout dans une histoire avec les familles qui subissent la grande pauvreté. Cette Journée se fait en mémoire des personnes qui sont décédées de la misère et en l’honneur de ceux qui luttent chaque jour pour améliorer leurs conditions d’existence. Elle rappelle aussi la nécessité de considérer les plus pauvres comme partenaires de la lutte pour l’éradication de la misère et l’exclusion.
1987
Sur
le Parvis du Trocadéro à Paris, Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement
international ATD Quart Monde, fait ériger une dalle en l’honneur des Victimes
de la Misère. Sur cette dalle, est inscrit : « Là où des gens sont
condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir
pour les faire respecter est un devoir sacré ».
1989
Pour
la première fois, des « Cahiers du Quart Monde » sont ouverts sur la
Dalle du Trocadéro. Ceux que l’Histoire a oubliés, ceux qui résistent tous les
jours à l’enfer de la misère ont acquis le droit de parler enfin eux-mêmes.
1992
Le
17 octobre est fêté depuis cinq ans : les familles du Quart Monde
demandent aux Nations Unies sa reconnaissance officielle.
1993
Officiellement
reconnue par les Nations Unies, la Journée mondiale du refus de la misère est
célébrée dans le monde entier. C’est une journée dédiée aux sans-voix, à ceux
qui se battent quotidiennement pour refuser l’inacceptable.
1994
« Avec
les Nations Unies, nous, peuple du Quart Monde, proclamons que la misère peut
être abolie comme l’ont été l’esclavage et l’apartheid ». Le 17 octobre,
300 délégués des familles parmi les plus pauvres du monde, venus de 45 pays,
sont reçus par Boutros Boutros Ghali, Secrétaire Général de l’ONU, et
témoignent de leur lutte quotidienne.
1995
50
ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 17 octobre 1995 est une
occasion de rappeler instamment qu’aucun idéal de l’humanité ne peut être
réalisé si les plus démunis n’y sont pas associés dès le départ.
1996
Les
Nations Unies déclarent 1996 « Année internationale pour l’élimination de
la pauvreté ». Les plus pauvres commencent à être reconnus comme des
partenaires indispensables dans la lutte contre la pauvreté.
1997
Dix
ans après l’inauguration de la Dalle à l’honneur des victimes de la misère sur
le Parvis du Trocadéro, cette Dalle a été reproduite dans plusieurs pays et est
devenue le symbole du refus de la misère. Refuser la misère apparaît dès lors
comme une condition sine qua non à la construction d’un monde plus juste pour
tous.
1998
La
Journée mondiale du refus de la misère marque l’un des temps forts du 50ème
anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les droits de
la personne sont indivisibles. Sans la jouissance de l’ensemble de ses droits,
aucune personne ne peut vivre en dignité.
1999
Conjointement
à la célébration du 10ème anniversaire de la Convention des Droits
de l’Enfant, le 17 octobre est l’occasion d’une mobilisation particulière
autour des enfants.
2000
Décrétée par l’ONU « Année internationale de la
culture de la paix », le 17 octobre 2000 est l’occasion de rappeler que
refuser la misère permet de faire avancer la paix.
2001
Les
diverses manifestations en France et dans le monde insistent sur l’idée que
respecter la dignité des autres, c’est respecter la sienne.
2002
Face
à une vague de politiques suspicieuses et stigmatisantes à l’égard des plus
pauvres, le 17 octobre doit être l’occasion de bâtir un grand courant de refus
de la misère en organisant et en rejoignant des rendez-vous civiques.
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Contacts presse : Chantal Duray –
Dominique Béchet - ATD Quart Monde
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