Message du Directeur général au personnel
à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté
17 octobre 2002
Le BIT est heureux de participer à la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté.
En indiquant que notre Organisation a été créée pour promouvoir la paix sur la base de la justice sociale, notre Constitution nous donne un rôle dans la
lutte contre la pauvreté. Nous sommes partie prenante de la guerre contre la misère, comme le précise sans équivoque la Déclaration de Philadelphie
adoptée en 1944: «La pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous». Conformément à ce mandat, l'Agenda du travail décent
que nous mettons en oeuvre aujourd'hui est aussi un agenda du développement.
La promotion de l'emploi productif est au coeur de la contribution de l'OIT à la Décennie des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté (1997-2006)
et à la réalisation des Objectifs de développement du millénaire. L'emploi productif est un moyen essentiel de mettre un terme à la pauvreté et à
l'exclusion sociale. Dans le monde d'aujourd'hui, la plupart des économies, nous ne le savons que trop bien, ne créent pas suffisamment d'emplois pour
ceux qui souhaitent travailler. Et beaucoup de ceux qui travaillent d'arrache-pied, dans des conditions parfois exécrables, ne gagnent pas assez
pour sortir de la pauvreté.
Dans son rapport intitulé Un avenir sans travail des enfants, le BIT indique que, dans la tranche d'âge de 5 à 17 ans, un enfant sur six, soit un total
de 246 millions d'enfants, est astreint au travail, et qu'un enfant sur huit, soit 179 millions d'enfants, est assujetti aux pires formes
d'exploitation. Dans le rapport annuel qu'elle a récemment publié, la FAO signale que la faim tue chaque année six millions d'enfants âgés de moins de
cinq ans. L'accès des parents à un travail décent est un élément clé d'une
stratégie visant à mettre un terme à ces situations intolérables si étroitement liées à la pauvreté.
Les femmes constituent la majorité des pauvres; leur travail est généralement sous-payé; elles sont plus nombreuses que les hommes à
occuper des emplois précaires et elles sont plus nombreuses aussi à être au chômage. Il faut s'attaquer aux inégalités entre
hommes et femmes et améliorer la situation des travailleuses: c'est à la fois une question de droits et un moyen d'aider directement les familles à
sortir de la misère.
Aujourd'hui, nous devons aussi combattre avec énergie les effets dévastateurs du VIH/SIDA qui ne fait qu'aggraver la pauvreté en décimant les
chefs de famille et en détruisant des familles et des collectivités entières. En s'attachant à promouvoir la prévention sur le lieu de travail,
le BIT joue un rôle essentiel dans ce domaine.
Si l'on veut promouvoir le travail décent, il faut que les organismes nationaux et internationaux conjuguent leurs efforts. L'OIT doit défendre
avec force le principe du plein emploi qui doit être un des objectifs majeurs des politiques de lutte contre la pauvreté. Pour être crédible, il
nous faut élaborer de bonnes stratégies, de bons produits, et une bonne base de connaissances.
Relevons ensemble ce défi. Nous pouvons déjà compter sur de solides fondations.
L'OIT apporte une contribution importante aux débats mondiaux sur l'élimination de la pauvreté dans le cadre de sa Commission mondiale sur la
dimension sociale de la mondialisation. Le Forum global sur l'emploi, organisé en 2001, a porté sur l'emploi, la croissance et l'élimination de la
pauvreté. La discussion que la Conférence internationale du Travail a consacrée en 2002 à l'économie informelle a aussi porté sur ces sujets. Des
publications telles que le Rapport sur l'emploi dans le monde ou le Rapport sur le travail dans le monde peuvent servir à édifier notre base de
connaissances sur l'exclusion sociale et la pauvreté. Un certain nombre d'études thématiques et de projets de recherche sur la pauvreté ont été
menés à bien ou sont en cours. On y traite de questions telles que les
migrations internationales, la sécurité sociale, l'ajustement structurel, la formation ou encore l'insécurité. Les résultats de ces travaux nous aideront
à donner de judicieux conseils quant à l'orientation des politiques et à mettre au point des programmes opérationnels efficaces.
Les jeunes sont une catégorie particulièrement vulnérable. Les moins de 20 ans forment 40 pour cent de la population mondiale, et 85 pour cent d'entre
eux vivent dans des pays pauvres. Nous avons accepté la responsabilité de poursuivre le travail du Réseau de haut niveau du Secrétaire général sur
l'emploi des jeunes, qui est l'un des résultats de l'Assemblée du millénaire.
Pour contribuer encore plus efficacement aux efforts du système des Nations Unies contre la pauvreté, le BIT participe désormais au Groupe des Nations
Unies pour le développement qui joue un rôle central dans la réalisation des objectifs du développement du millénaire au niveau national. Nous
participons, avec la Banque mondiale, à l'élaboration des DSRP.
Nos programmes pilotes sur le travail décent au Panama, au Maroc, au Ghana et aux Philippines sont axés sur le lien entre le travail décent et
l'élimination de la pauvreté. Nous nous attachons à relever le défi dans le cadre de beaucoup de nos programmes opérationnels.
Eradiquer la pauvreté, c'est aussi rendre à chacun sa dignité et respecter ses droits. L'OIT propose une stratégie axée sur la croissance, le respect
des droits et la protection sociale. C'est une stratégie qui doit permettre aux pauvres de faire entendre leur voix, qui leur ouvre la possibilité de
s'organiser et de défendre leurs intérêts, à l'abri de toute discrimination.
Elle ferme la porte au travail forcé et au travail des enfants qui ne sauraient être des moyens de développement social et
économique.
Mais nous avons encore beaucoup à faire.
Nous devons intégrer les multiples facettes de nos activités afin que notre lutte contre la pauvreté soit cohérente. Nous devons évaluer sans relâche
notre impact et notre efficacité. Le problème de la pauvreté étant une question transversale, nous devons veiller à aller tous dans la même
direction, à former une équipe soudée. Je demande instamment à chacun d'entre vous de contribuer à l'efficacité de l'action de notre Organisation
contre la pauvreté.
L'Office des Nations Unies à Genève, en collaboration avec une organisation internationale non gouvernementale - ATD Quart Monde - célébrera la Journée
internationale pour l'élimination de la pauvreté le jeudi 17 octobre, de 17 heures à 18 heures, dans la Salle des pas perdus du Palais des Nations. Je
vous invite à y participer. Le programme prévoit des messages d'adultes et d'enfants participant à la lutte contre la pauvreté. De plus amples
renseignements sur les manifestations organisées à Genève et à New York figurent sur le site:
http://www.un.org/esa/socdev/poverty/poverty_link3.htm.