Messages de
soutien, appels et déclarations officielles
pour la Journée mondiale en 2001 (suite)
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Dans la région d’Andahuaylas au Pérou,
la célébration du 17 octobre par des activités différentes chaque année est
devenue maintenant une tradition. Cette année, trois événements se sont déroulés
de manière très positive.
- Carmen C. a réuni 67 enfants de 3 à 5
ans, du quartier Tejamolino. Elle leur
a fait un examen buccal et a informé leurs parents de ce dont les enfants
avaient besoin dans ce domaine. Ils ont tous reçu un traitement préventif au
fluor. Il existe ici un problème sérieux chez les enfants au niveau de la santé
buccale : 98 % des enfants souffrent de caries et d’autres inconvénients,
malgré leur jeune âge. La majorité des enfants viennent de familles en grande
pauvreté. Nous avons le projet de voir comment répondre aux situations les plus
graves dans ce domaine de la santé.
- La bibliothèque de rue suscite un grand
intérêt chez les enfants. Un collège s’est engagé à ce que ses élèves aillent
chaque dimanche soutenir la bibliothèque de rue. Le 17 octobre, nous avons
installé une bibliothèque de rue à l’entrée du cinéma Antoon Spinoy. La
propriétaire du cinéma a été très surprise de voir comment les enfants lisaient
les livres avant d’entrer dans la salle de cinéma et avant la séance. Cela a
motivé la propriétaire à installer une bibliothèque dans le cinéma pour occuper
les enfants en attendant que les films ne commencent.
- Une projection gratuite a eu lieu pour
tous les enfants. C’était une histoire d’une grande tendresse où les rêves et
les désirs des protagonistes communiquaient un message qui a plu aux enfants. A
cette séance, nous avions spécialement invité les enfants cireurs de chaussures
pour montrer que leur travail est leur moyen de survivre.
Raúl C., Pérou
Commémoration du 17 Octobre 2001, dans le bidonville de Wadullawate,
Colombo, Sri Lanka
Cette année, pour la première fois, le
sens du 17 Octobre a été présenté aux familles. Une invitation a été envoyée à
chacune sous la forme d’une feuille de bétel : un symbole de bienvenue, de
tolérance et de respect pour les aînés. Ce geste de reconnaissance de chaque
famille leur a permis de se sentir importantes et prises en compte.
Environ 150 personnes se sont réunies
autour de la réplique de la dalle dessinée sur une affiche avec le texte écrit
en Cingalais et en Tamil. La cérémonie a débuté avec l’allumage de la
traditionnelle lampe à huile par une maman et un enfant. Une brève présentation
a été donnée du père Joseph et du Mouvement ATD Quart Monde. Un des enfants a
lu le texte gravé sur la pierre, qui fut aussi expliqué. Deux minutes de
silence ont été observées pour se remémorer et prier pour les plus pauvres, et
aussi pour les victimes de la guerre dans différentes parties du monde. Tous se
tenaient debout en silence, la tête inclinée. La solennité du moment était
impressionnante.
Deux participants ont donné un
témoignage de leur vie dont une mère de 85 ans : “ Je ne suis pas
allée à l’école. A l’âge de 10 ans, j’ai perdu mes parents. Je devais alors
commencer à travailler. La vie était dure. J’étais seule. Je me suis mariée à
20 ans, ai travaillé comme main-d’œuvre dans les champs. J’ai élevé 8 enfants et les ai donnés en mariage. Je
travaille encore maintenant pour les aider à élever leurs enfants. Je suis
heureuse de pouvoir encore travailler. ”
La cérémonie qui a duré environ deux
heures s’est terminée par une danse et un chant de paix, de joie et de liberté.
Les mots du texte de la dalle ont été une prise de conscience pour eux de leur
dignité et de leurs droits en tant qu’êtres humains. Ils étaient heureux que le
père Joseph ait établi une journée dans l’année pour réunir les gens afin
qu’ils se souviennent de la lutte des très pauvres dans le monde entier.
Josephine P., Sri Lanka
“ Nos enfants ont été rejoints dans notre centre par
quelques enfants, parents et éducateurs du Janodaya Movement.
Les enfants ont tout préparé pour faire de cet événement
un grand événement.
Ils ont disposé des photographies du père Joseph sur une
étagère avec une grande banderole où le thème “ L’amitié et l’amour
peuvent détruire la misère ” était peint en Cinghalais.
La rencontre a commencé par les mots de bienvenue prononcés
par Maduranga, l’un des garçons qui a suivi nos programmes pendant les neuf
dernières années, puis la traditionnelle lampe à huile a été allumée et
des fleurs ont été apportées en hommage au père Joseph. Nous avons alors
vécu un moment de silence pour nous souvenir des plus pauvres. Nous avons lu le
poème “ Je témoigne de vous ” et avons chanté notre chant “ Tu
connais la misère du plus pauvre ”.
Martin C. a fait un discours sur le thème “ L’amitié
et l’amour peuvent détruire la misère humaine ”. Il a mis l’accent
sur la nécessité pour nos enfants d’être unis, une unité qui peut
facilement se vivre dans l’amitié, puis dans l’amour. La place et la
reconnaissance que chacun d’entre nous désire avoir plus que tout parmi les
autres peuvent progressivement se trouver grâce à l’amitié. Par l’amitié
vécue, chacun apprendra à pratiquer la règle d’or. L’amitié que le père
Joseph a commencée avec les pauvres de Noisy-le-Grand, en France (où ATD Quart
Monde a commencé) est vue aujourd’hui comme un concept d’amour universel,
amour qui attire le pauvre comme le riche pour s’aimer dans un amour
réciproque.
Les enfants des deux groupes ont ensuite fait une
démonstration de leurs talents en musique et en chants, puis ils ont joué des
petites pièces de théâtre. ”
Martin C., Brotherhood of Hope Trust , Sri Lanka
Lors de la Journée Mondiale du Refus de
la Misère, l’Organisation des Réfugiés de Zürich, la responsable du Département
Social de la Ville, et des membres d’ATD Quart Monde se sont réunis pour mieux
prendre conscience des liens existants entre la grande pauvreté, la migration
et l’afflux des réfugiés.
Une trentaine de jeunes réfugiés de
divers pays ont fait découvrir aux participants les locaux où se déroulent des
cours d’alphabétisation et d’apprentissage de la langue, ainsi que des stages
de formation dans les domaines de la santé, de l’électricité, de la
restauration, etc. Chacun d’eux bénéficie de ces formations pendant plusieurs
mois. Ces jeunes garçons et filles, entre 15 et 20 ans, attendent la
régularisation de leur statut de réfugiés. L’un d’entre eux a exprimé sa
difficulté à faire reconnaître la grande pauvreté de sa famille comme motif de
son départ du pays natal.
Un appel à l’engagement a été lancé,
lors de cette journée, pour que les enfants, les jeunes et les adultes vivant
dans des conditions d’exclusion et d’insécurité en Suisse et dans le monde
puissent retrouver une perspective concrète pour leur vie en s’appuyant sur l’expérience et la pensée des
plus pauvres parmi eux.
Quelques témoignages ont démontré
comment des familles très pauvres sont engagées elles-mêmes dans la vie
quotidienne de leurs quartiers pour créer la rencontre, la confiance et la
solidarité entre les habitants.
Ursula
J. et Barbara E., Suisse
Nos amis de l’ECP, Ensemble contre la
Pauvreté, nous présentent comment ils ont célébré cette Journée Mondiale.
“ Nous
avons célébré la Journée Mondiale du Refus de la Misère ce 17 octobre 2001 par
une émission-débat radiophonique à Lomé sur le thème : “ La Pauvreté,
les Pauvres s’engagent ”. L ‘objectif de cette option visait la
sensibilisation de l’opinion publique dans son ensemble au phénomène de
pauvreté. Au cours de l’émission, qui a duré une heure de temps, des auditeurs
sont intervenus pour participer au débat.
L’Association avait réclamé, à
l’occasion, que l’éducation de base soit obligatoire et gratuite, et avait
appelé l’opinion à plus de solidarité envers les pauvres. ”
Sylvestre
K. Z., Togo
“ Nous avons célébré la Journée
Mondiale du Refus de la Misère avec des enfants qui vivent dans les difficultés
et qui vendent de l’essence dans des bouteilles pour vivre. Nous avons réfléchi
ensemble sur l’avenir des enfants en Angola après la guerre. Ce sont des
enfants qui se demandent : “ Est-ce que nous sommes aussi des enfants
de ce monde ? ”. ”
André
Justino F., Angola