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Messages de
soutien, appels et déclarations officielles
pour la Journée mondiale en 2002
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Messages, Appels et Déclarations officiels
Témoignages d'enfants et de jeunes
Témoignages d'adultes (voir page précédente)
| Châlons (Fr) | Quimper |
| Paris |
Messages,
Appels et Déclarations officiels
Bonjour!
En ces jours où la menace de l'éclatement d'une nouvelle guerre, dite "préventive" - comme si le déclenchement d'une guerre pouvait réellement
prévenir un mal plus grand encore ! - dont on peut par contre prédire, si elle éclate, qu'elle fera des plus pauvres "ses" victimes préférées,
je m'associe à toutes celles et ceux qui feront de ce 17 octobre une journée à l'honneur des plus pauvres parmi nous, une journée contre la
misère. L'Abbé Pierre vient encore de le réaffirmer : il s'agit bien là
de la seule "guerre" qui vaille le coup d'être entreprise ! Et les moyens qu'elle requiert, sans doute moins coûteux que ceux des guerres
"classiques", nécessitent surtout notre volonté pour être mis en œuvre !
Pour ma part, enseignant en lycée, je regrette que ce jour-là ait été choisi comme date par les organisations syndicales pour lancer un mot
d'ordre de grève. Mais peut-être certains s'en saisiront-ils pour appuyer les "mots d'ordre" qui demandent surtout que l'Education
nationale reste une priorité de notre pays, plutôt que de se lancer dans une politique "sécuritaire" illusoire et visant principalement les
familles ou personnes déjà parmi les plus éprouvées (SDF, familles dont
les enfants font l'école buissonnière, prostituées, etc.), qui ont davantage besoin de considération et dignité que de "répression" !
Pour ma part, n'ayant pas cours le jeudi, je lirai la veille,à mes deux classes de seconde, dans le cadre de mes cours de Physique, les strophes
proclamées par le Père Joseph le 17 octobre 1987.
Patrick HUBERT
Ecole Edmond Michelet, Quimper
Non à la misère
Oui à l' amitiée
Non à la pauvreté
Octobre, le 17
Une grande fête
Internationnale
Les cm2 de l'école E.Michelet Quimper France
Entre 1993 et 1995, j'ai été confrontée à la misère humaine. Il y avait à cette période dans le 14° arrt de Paris de nombreux SDF en groupes .
Habitant à proximité de la gare Montparnasse, je les croisais régulièrement.
Un jour, je me suis arrêtée pour dialoguer avec eux. Progressivement, un climat de sociabilité s'est construit avec ses règles de courtoisie, de respect mutuel et de confiance : des sourires, des signes de salut au
loin, des poignées de main, des réalités, des souvenirs , des rêves, échangés dans la rue, en passant ..
Un jour, alors qu'il faisait froid, j'ai spontanément invité un jeune couple avec leur chien à prendre un café au bistrot du coin. Nous avions commencé
à apprivoiser nos différences . Nos chemins se sont séparés mais je n'oublierai jamais.
"Dessine-moi un mouton !" " Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage!". Quel beau combat pacifique!
Bonne journée du 17 octobre. Nicole
Message du Président de la République Française, M.
Jacques Chirac
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
A L’OCCASION DE LA JOURNEE
MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE
Jeudi 17 octobre 2002
Chers amis,
Il y a quinze ans, des milliers de personnes se sont réunies ici même, sur le parvis des Droits de l’Homme, pour manifester leur refus de la misère.
Cette révolte devant l’indifférence et l’humiliation réservées aux plus démunis d’entre nous est toujours aussi vive. Les milliers de voix du 17 octobre 1987 sont devenues des millions, des rendez-vous civiques sont désormais organisés dans toute la France.
La permanence de cette révolte constitue un aiguillon salutaire. Sans elle, notre société pourrait se laisser bercer par l’idée rassurante de son enrichissement global et jeter un voile pudique sur la pauvreté.
Aiguillon pour la société
toute entière, votre mobilisation a aussi valeur d’exemple pour les pouvoirs
publics. Leur responsabilité est grande. Les anniversaires que nous commémorons
cette année sont là pour nous le rappeler.
Celui d’Emile ZOLA, cet homme
blessé et révolté par l’injustice sociale. Celui de Victor HUGO qui nous invite
non à “ diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire ” la misère, mais
bien à l’éradiquer. “ Tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est
pas rempli ”, déclarait-il à l’Assemblée nationale. Notre feuille de
route, la voilà.
De par le monde, également, nombreux sont eux qui répondent en ce jour à l’appel du Père WRESINSKI. Voici dix ans que les Nations Unies ont repris son initiative pour instituer la journée mondiale du refus de la misère.
Cette internationalisation prend cette année un relief spécifique. Après avoir longtemps, trop longtemps, reposé sur l’engagement de particuliers et d’organisations décidés à construire un monde meilleur, l’exigence de l’éradication de la pauvreté a enfin fait l’objet d’une prise de conscience des Etats. Doha, Monterrey, Johannesburg résonnent comme autant d’espoirs de la naissance d’une mondialisation de la solidarité et de l’action contre la misère.
La misère porte atteinte à la dignité et à la citoyenneté des personnes qu’elle frappe. Le premier message de cette journée est celui de la reconnaissance de la dignité de l’homme. Ce message est essentiel et il s’adresse à chacun de nous dans nos vies quotidiennes.
Le second est celui de la permanence du combat contre l’exclusion, à laquelle je suis particulièrement attaché. L’effort entrepris ne saurait connaître de répit. Il est temps de reconnaître pleinement la dignité des plus pauvres d’entre nous. C’est en partenaires du combat contre l’exclusion qu’ils veulent être traités. C’est ainsi que nous devons les considérér.
Enfin, la lutte contre l’exclusion doit trouver son prolongement au niveau européen. Les Etats de l’Union européenne coordonnent leurs politiques économiques. Mais, si les affaires économiques constituent à l’évidence, comme le dit le Traité, une “ question d’intérêt commun ”, l’objectif d’éradication de la pauvreté au sein de chaque Etat devrait plus que jamais en constituer le pendant naturel.
(communiqué par le service de presse de la Présidence de la République Française)
M. Jacques Dermagne, Président du Conseil Economique et
Social Français
17 octobre 2002 - “ Journée mondiale du
refus de la misère ”
Message du Président du
Conseil économique et social, Jacques Dermagne.
Partout, tout autour de la terre, des initiatives sont prises pour lutter contre l’effroyable misère des plus déshérités de la planète. Partout des associations mènent dans la gratuité et avec pugnacité le combat de proximité pour atténuer les détresses, combattre les injustices et renforcer la solidarité entre les hommes.
Tous ces mouvements, dans et à la tête desquels se trouvent toujours des femmes et des hommes qui consacrent leur existence et leur énergie à la vie et au soutien des autres, doivent être accompagnés avec ardeur par les Etats, par les entreprises et par tous ceux qui ont entre les mains les moyens d’intervenir. Inutile d’opposer la générosité à l’intérêt… c’est l’action qui est essentielle.
C’est indispensable mais cela ne peut suffire. Ce sont toutes les composantes de la société civile qui doivent s’approprier la démarche. C’est chacun d’entre nous, dans sa chair comme dans son âme, qui doit vivre la lutte contre la misère comme une dimension essentielle de sa responsabilité… chacun d’entre nous en fonction de sa quotidienneté et en enracinant son apport aussi bien dans la plus modeste et la plus gratuite des attitudes que dans la plus puissante ou la plus onéreuse des interventions.
Lutter contre la misère commence par un regard d’estime et de partage avec celui qui est si misérable qu’il ne distingue plus le jour de la nuit, la violence de la tendresse ou parfois le bien du mal. Lutter contre la misère c’est aussi déceler et reconnaître les efforts quotidiens de l’autre, c’est se sentir comptable de son égale dignité…
C’est en réalité livrer la bataille au fil de chacune de nos vies. Pour soutenir dans cette ambition toutes les composantes de la société, les Conseils économiques et sociaux se sont toujours mobilités en faveur de la lutte contre l’exclusion, contre toutes les exclusions, et continueront toujours à en faire une grande priorité de leurs travaux.
(communiqué par le service de presse du CES France)
Intervention de M. Pierre Saglio,
Président d'ATD Quart Monde France
« Qui accepterait de vivre comme nous ? »
Voilà bien la question qui nous est posée, ce soir encore, par tous ceux qui, à travers le monde, vivent l’inhumanité de la misère. Qui accepterait de vivre une telle inhumanité ? Qui accepterait d’être humilié et maltraité de la sorte ? Notre première responsabilité de citoyen, à laquelle nous ne pouvons pas nous dérober, est bien de dire non, sans cesse et fortement, de dire notre refus que des hommes soient obligés de vivre ainsi.
Mais, au delà, la seule réponse à la hauteur de l’espérance de ceux qui nous pose cette question est gravée sur le marbre de ce parvis : « s’unir pour les faire respecter », faire respecter les droits fondamentaux et faire respecter les personnes qui vivent dans la misère car l’un ne peut aller sans l’autre. S’unir aux côtés des pauvres au lieu de tenter de nous protéger d’eux.
Sans cesse, ce cap doit être rappelé et maintenu.
En 1987, le père Joseph Wrésinski, ici même, faisait de cet engagement un « devoir sacré ». Onze ans après, la loi d’orientation de 98 a concrétisé cet engagement et fixé le cap pour notre pays en faisant de la lutte contre les exclusions « un impératif national fondé sur l’égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l’ensemble des politiques publiques.»
S’unir pour penser et bâtir ensemble un monde, une démocratie, la démocratie de l’essentiel, fondée sur les droits fondamentaux pour chacun de ses membres. Nous ne pouvons plus aller de l’avant en laissant à la marge certains d’entre nous. Nous ne pouvons plus nous passer de l’expérience et de la parole de nos concitoyens en situation de précarité ou de grande pauvreté pour bâtir l’avenir de tous. Devenons mutuellement partenaires.
« Un peuple nous attend dont le savoir nous manque » disait le
père Joseph Wrésinski.
Voilà le défi qui est devant
nous aujourd’hui et que nous allons relever ensemble.
Pierre Saglio
17 octobre 2002
Communiqué
de presse de Syndicats de l'Education (France)
Action du 17 octobre et journée mondiale du refus de la misère
PRIORITE A L’EDUCATION
La FAEN, la FERC CGT, la FSU, le SGEN CFDT et l’UNSA Education ont appelé l’ensemble des personnels de l’éducation et de la recherche à une grève unitaire le jeudi 17 octobre pour que l’Education redevienne une priorité de l’action de l’Etat.
Ce même jour, diverses initiatives seront tenues dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère.
Les cinq fédérations partagent les inquiétudes d’ATD Quart Monde dans un “ contexte incertain, hésitant entre la paix et la guerre ” et font leur le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule qu’aucune paix ne saurait être durable si tous les êtres humains ne sont pas libérés à la fois de la terreur et de la misère.
Leur combat pour le droit à l’éducation, contre l’ignorance est indissociable de leur engagement contre les injustices sociales et pour la paix.
Exiger d’autres choix budgétaires – à l’occasion de la journée d’action du 17 octobre – c’est vouloir imposer l’égalité face à la connaissance, la liberté par le savoir et la culture, la justice sociale.
Les cinq fédérations invitent donc les personnels dans l’action le 17 octobre à s’associer aux initiatives organisées ce jour.
Paris, le 16 octobre 2002
Déclaration du Maire de la ville d’Edmonton, Canada :
Etant donné que les Nations Unies ont déclaré 1997 à 2006 la décennie pour l’éradication de la pauvreté ;
Etant donné que chacun a le droit à des conditions de vie décentes, pour sa santé et son bien être personnel et celui de sa famille, en ce qui concerne la nourriture, l’habillement, les soins médicaux et les services sociaux nécessaires ;
Etant donné que chacun a le droit à la sécurité face à des circonstances qui le dépasse, comme le chômage, la maladie, le handicap, la vieillesse et tout autre manque de moyens de subsistance.
C’est pourquoi, moi, Bill Smith, Maire de la ville d’Edmonton, je déclare le 17 octobre 2002 " Journée Mondiale pour l’Eradication de la Pauvreté " à Edmonton.
Message de soutien
Nous, le 121 hommes et femmes du Département de la Réforme Agraire dans la Province d’Aklan aux Philippines souhaitons marquer notre soutien au mouvement mondial du refus de la misère. Nous croyons et nous soutenons la lutte de millions de personnes à travers le monde pour éliminer la pauvreté qui se manifeste à travers un peuple qui souffre de la faim, de l’ignorance et de la violence. Les fermiers de nos communautés rurales portent le poids de ce phénomène que soit du à la main des hommes ou de la nature. Par contre, nous sommes déterminés et confiants qu’avec le soutien de Dieu et avec les engagements de notre agence, nous serons une organisation primordiale à instituer une réforme dans notre pays.
Par Daniel Y. Martelino
Officier du Département de la Réforme Agraire