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Messages de
soutien, appels et déclarations officielles
pour la Journée Mondiale en 1997
Cette page présente une sélection de messages de soutien et de déclarations officielles qui sont parvenus au comité pour la Journée du 17 Octobre 1997. L'ensemble des messages reçus sont rassemblés comme autant de signes concrets d'engagement de citoyens, d'organisations ou de représentants d'institutions publiques ou privées de par le monde. Chaque message renforce l'impact de la Journée Mondiale du Refus de la Misère.
Message du Directeur Général de l'Unesco, Monsieur Federico Mayor
Dix ans déjà !
A l'appel du Père Wresinski le 17 octobre 1987, plus de 100.000 personnes se sont réunies autour de cette dalle gravée à l'honneur des victimes de la misère et dédiée à leurs souffrances et à leur courage sur ce Parvis des Droits de l'homme à Paris.
Nous voici à nouveau réunis, réunis autour du message d'ATD Quart Monde, devenu message universel et dont la phrase du Père Wresinski gravée sur le parvis est toujours aussi forte :
"Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré".
Les témoignages que nous venons d'entendre ont la force de la vérité. Ils sont bouleversants. Ainsi Sandrine et Anna, deux jeunes, deux jeunes filles, l'une de Bordeaux, l'autre de la Réunion, qui nous disent ce que nous disent tous les jeunes du monde. Tantôt sur le mode de la colère, tantôt sur le monde d'initiatives positives, ils nous disent : j'existe, reconnaissez-moi, regardez-moi, écoutez-moi, aimez-moi, faites moi confiance comme dit Sandrine.
Il revient à l'Unesco dans son double rôle d'orientation éthique et de veille intellectuelle d'aider ces jeunes à être entendus. Il revient à l'Unesco de mobiliser les énergies, de persuader les institutions gouvernementales de faire leur place aux jeunes et notamment aux jeunes les plus défavorisés.
Dans ce combat, des associations comme ATD Quart Monde ont tracé la route. L'action d'ATD Quart Monde en totale conformité avec les objectifs de l'Unesco traduit dans les faits, au quotidien, l'éthique et l'humanisme qui fondent la coopération internationale.
La communauté internationale a besoin d'ATD Quart Monde, l'UNESCO a besoin d'ATD Quart Monde et de toutes ces ONG qui, au quotidien, sur le terrain, agissent pour l'élimination de la pauvreté, qu'elle touche les jeunes ou les moins jeunes.
L'élimination de la pauvreté est un défi majeur que le Sommet mondial pour le Développement Social, tenu à Copenhague en mars 1995, a qualifié d'impératif moral, politique et économique pour l'humanité.
Dans un monde qui, globalement, est de plus en plus riche et qui dispose de grands moyens pour développer ses richesses, la misère et ses corollaires que sont trop souvent la marginalisation et l'exclusion constituent des scandales intolérables.
Mais l'élimination de la pauvreté est un problème complexe et multidimensionnel, elle réclame une action coordonnée du système des Nations Unies et de l'ensemble de ses partenaires. L'UNESCO, pour sa part, est mobilisée à travers ses programmes et à travers les projets qu'elle soutient pour susciter des activités rémunératrices notamment parmi les jeunes et les femmes en s'efforçant de promouvoir des partenariats entre les communautés locales, les ONGS et les pouvoirs publics.
A travers ces actions, c'est le message du Père Wresinski qui nous inspire, c'est pourquoi je vous remercie d'exister.
Message du Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (extraits)
Le communauté internationale ne cesse de developper sa capacité de se mobiliser pour de grandes causes. Ainsi, à l'appel de la FAO qui fête ce jour-là son anniversaire, la Journée mondiale de l'alimentation célébrée chaque 16 octobre offre à tous les citoyens du monde l'occasion de réaffirmer solennellement le droit de chacun à une nourriture suffisante en quantité et en qualité. De plus en plus, l'exercice de ce droit apparaît indissolublement lié à ces hautes missions de la FAO que sont la lutte contre la pauvreté rurale et la défense de la dignité des paysans, des pêcheurs et des forestiers dont le labeur trop souvent méconnu permet de nourrir l'humanité.
Or, voici que, répondant à l'initiative lancée il y a exactement dix ans par le Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement international ATD Quart Monde, la communauté des Nations a depuis plusieurs années repris à son compte l'idée d'une Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, qui est célébrée le 17 octobre de chaque année.
16 octobre- 17 octobre. A tous ceux que la défense des droits de l'homme ne laisse pas indifférents, le rapprochement de ces deux dates ne saurait apparaître fortuit. La continuité qui relie le 16 au 17 octobre dans le calendrier reflète exactement l'unité fondamentale qui rassemble l'action contre la faim, la pauvreté rurale et le sous-développement agricole, d'une part, et d'autre part la lutte contre la misère et exclusion. Dans les deux cas, il s'agit de s'engager pour faire respecter les droits de l'homme, dont on ne répétera jamais assez qu'ils sont indivisibles.
Message de soutien de l'Archevêque catholique de Manille (original en anglais)
Dans ce temps de modernité, où les progrès de la science et des technologies sont la fierté de notre civilisation, la pauvreté reste un fléau qui tourmente des millions de personnes tous le jours. C'est le plus grand obstacle à la paix durable dans le monde, et pourtant, l'éradication de la pauvreté est souvent abordé avec insouciance par ceux qui ont le pouvoir. Le monde a besoin d'être soigné et aidé. J'en appelle donc à la compassion et l'engagement de chacun, car personne n'est trop riche pour ne plus avoir de besoins, ni trop pauvre pour qu'elle n'ait rien à donner.
Se confronter à la pauvreté redonne sens à la forme de solidarité la plus profonde entre les hommes et les femmes. Notre humanité la plus profonde nous défie de nous identifier avec le besoin d'être aimé et protégé de tout être humain. Dans la charité chrétienne, j'appelle tous ceux qui croyent dans l'esprit humain que le Christ est venu transformer, de combler le fossé de l'indifference par un engagement actif dans les initiatives qui appaiseront la faim, la soif, la nudité, la souffrance qui sont des atteintes à la dignité de l'être humain.
Que Dieu vous bénisse, Dévoué dans le Christ, Jaime L.Cardinal Sin, D.D.
Message de membres d'ATD Quart Monde en Belgique
Nous sommes rassemblés à la Maison des Savoirs d'ATD Quart Monde à Bruxelles pour nous préparer à la journée mondiale du refus de la misère. Chaque action, chaque lutte qu'on a fait en Belgique, c'est la suite du discours du père Joseph Wresinski "Je témoigne de vous". Nous avons regardé les photos des Dalles à l'honneur des victimes de la misère de partout. On a pu voir ce qui se passe dans d'autres pays. On ne se sent pas seul et nous sommes bien en communion avec tous.
Nous attendons de voir la Dalle de l'Europe à Bruxelles qui devrait être scellée en 1999. Ce sera un lieu de rencontre. Pour nous, toutes ces Dalles sont un lieu où les pauvres peuvent se relever, où leur cri devient mondial et où la libérté éclate. Ce symbole on peut le prendre pour les pauvres du monde entier.
Communiqué de la ville de Dakar
La ville de DAKAR communique à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre la pauvreté :
Nous, villes de tous pays, villes d'un monde où la pauvreté
tue encore chaque jour des milliers d'êtres humains, met en
péril les ressources naturelles indispensables à la vie, et
compromet l'avenir de tous les enfants de la planète, demandons:
que nos sociétés fassent de la lutte contre la pauvreté
une priorité absolue;
qu'elles mobilisent pour cela des ressources humaines plus
nombreuses et les moyens financiers nationaux et internationaux
supplémentaires nécessaires en assurant la transparence de leur
utilisation;
qu'elles donnent corps aux engagements pris par les chefs d'Etat
et de gouvernement de tous les continents lors du Sommet Mondial
pour le Développement Social et du programme d'action adopté
pour la communauté internationale à cette occasion;
qu'elles relèvent ensemble ce défi en un partenariat durable.
Il en va de notre dignité.
Appel de sa Sainteté le Pape Jean-Paul II prononcé lors de son audience du mercredi 15 octobre 1997 à Rome (original en italien)
Après demain, 17 octobre, on célèbre la Journée Mondiale du Refus de la Misère.
A cette occasion, je renouvelle mon appel pour que chacun s'engage selon ses responsabilités à éliminer les causes de la misère. Que personne ne reste indifférent face aux blessés de la vie.
L'Eglise, avec beaucoup de respect et d'affection, est aux côtés de tous ceux que la pauvreté prive de leur dignité, de leur vie familiale, de la possibilité de recevoir une éducation, et d'avoir un travail.
Ce sont nos frères que le Christ aime avec une prédilection particulière. Ils attendent notre solidarité concrète.
Poème transmis par des élèves du Lycée Professionnel Ferdinand Buisson d'Ermont (France)
La Misère
La misère a existé, existe et existera encore demain
Il y a des gens qui ne la voient pas
Il y a des gens qui ne la comprennent pas
Tout le monde ne l'aime pas
Les gens en ont peur alors ils ne la combattent pas.
Il y a des gens qui la prennent pour une différence.
Et qui ne comprennent pas ceux qui la vivent dans la souffrance.
Il y a des gens qui ne veulent pas la voir,
Alors leur coeur s'emballe et devient noir.
Il y a des gens qui aident les miséreux
Par amour et bonté
Ou par humour et méchanceté
Et d'autre, qui, pour eux prient sans pouvoir les aider.
Le Parlement Européen s'associe à la Journée mondiale du refus de la misère
Le 16 octobre, la Conférence des Présidents des groupes politiques du Parlement Européen a adopté une déclaration par laquelle le Parlement européen s'associe à la Journée mondiale du refus de la misère.
Déclaration
Promulguée en 1992 par l'Assemblée générale des Nations unies, cette Journée mondiale a un double but : d'une part rendre honneur aux victimes de la misère, dont la lutte quotidienne pour survivre est rarement mise en valeur comme un combat pour les droits de l'homme, d'autres part, soutenir l'engagement de tous contre la misère et aux côtés des plus pauvres.
Le thème retenu pour cette Journée est "Refuser la misère, c'est bâtir l'avenir de tous". Cette question est au centre des préoccupations du Parlement européen. Dans de nombreux rapports et résolutions, il a défendu la conviction que la misère est une violation des droits de l'homme. Il a voulu promouvoir les droits de l'homme dans leur indivisibilité en défendant aussi bien les libertés fondamentales que les droits économiques, sociaux et culturels des plus pauvres. Il a développé une vision d'une construction européenne qui met au centre l'être humain dans un équilibre entre le développement économique, le développement social et le développement culturel.
Les idéaux portés par l'Europe ont toujours fait une place particulière aux plus pauvres : ces derniers sont les révélateurs des dysfonctionnements de la société et, par là-même, les inspirateurs d'un monde plus juste et solidaire. Persuadé donc que "refuser la misère, c'est bâtir l'avenir de tous", le Parlement européen s'engage à continuer à développer tous les moyens possibles pour partir des préoccupations des plus pauvres et à travailler en partenariat avec les populations concernées. Il invite toutes les institutions de l'Union européenne à faire de même.
Message d'une enseignante en Alsace, France
Je suis enseignante dans une école primaire. Faire reculer la misère c'est garantir à chaque élève le maximum de chance pour apprendre à lire, écrire et compter et devenir une personne libre. Savoir que chaque année des enfants sont en situation d'échec dans notre système scolaire m'est absolument intolérable.
Dans la rue, grâce aux bibliothèques de rue auquelles je participe, j'ai rencontré des enfants avides d'apprendre mais qui faisaient la triste expérience de l'échec scolaire. Ces enfants, en effet, n'apprennent pas à n'importe quelle condition. En leur donnant une place dans mon travail, je leur ai délibérément donné la priorité.
Ils m'ont, petit à petit, conduite à faire des choix pour l'ensemble de la classe: utiliser un matériel de qualité, donner une dimension culturelle au travail que je propose, responsabiliser chaque élève dans son travail et dans son comportement envers ses camarades. Une plus grande cohésion s'est installée dans la vie de la classe. Elle devenait plus authentique, plus humaine au profit de tous.
J'ai également rencontré des parents soucieux de la réussite de leurs enfants à l'école contrairement aux idées reçues. Croire en la force et au soutien des parents qui vivent la grande pauvreté, c'est ouvrir la porte au savoir pour leurs enfants.
Message de Madame Marie-Josée Jacobs, Ministre de la Famille au Grand Dûché du Luxembourg
Si l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 17 octobre Journée Mondiale du Refus de la Misère, c'est pour nous mobiliser dans nos engagements, nous unir dans nos luttes contre la pauvreté, la souffrance, la discrimination et l'exclusion. "Là où des homes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré." (Père Joseph Wresinski, Paris, 17.10.1987).
Dans quelques semaines, les responsables politiques de l'Union Européenne vont se rencontrer au Luxembourg afin de doter nos pays d'instruments plus efficaces pour combattre le chômage. L'accès de tout citoyen à un emploi qui répond à ses aptitudes constitue la base indispensable non seulement de la survie économique de nos familles, mais également de leur épanouissement, de leur intégration et de leur participation sociales.(...)
1997 a été proclamé Année Européenne contre le Racisme. En cette journée du refus de la misère, associons-nous aux appels pour un monde plus fraternel, luttons avec force et créativité contre toute forme de discrimination à l'égard des plus faibles, à l'encontre des minorités qui vivent parmi nous. Autour de nos tables, dans nos sociétés, mais surtout dans nos coeurs, laissons une place juste aux étrangers, aux malheureux, à celles et ceux qui sont menacés d'exclusion. (...) Je pense également aux nombreux - au trop nombreux - enfants et jeunes qui ne peuvent pas vivre avec et dans leurs familles.
Je désire qu'avec l'aide de nos amis de la presse votre message de justice et de solidarité soit entendu par tous nos citoyens et nos citoyennes et qu'il suscite des réactions fructueuses.
Message du Secrétaire Général de l'ONU, Monsieur Kofi Annan
Certains jouissent aujourd'hui, d'une richesse inimaginable. Par contre, les pauvres vivent toujours dans des conditions de dénuement intolérables. Ils continuent à être marginalisés et exclus. La Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté nous rappelle le chemin qu'il nous reste à parcourir et les combats que nous devons encore gagner.
Dans l'ensemble, l'incidence relative de la pauvreté a quelques peu diminué. Pourtant, le nombre des pauvres de par le monde a considérablement augmenté. Près du quart de la population mondiale vit encore dans la misère. Les statistiques montrent l'ampleur de la tâche qui nous attend :
- Le nombre des personnes ayant un revenu inférieur à 1 dollar par jour a augmenté de près de 100 millions entre 1987 et 1993 ;
- Environ 1,3 milliard de personnes, soit le tiers de la Population des pays en développement, vivent avec moins de 1 dollar par jour ;
- Dans les pays industriels, dont beaucoup connaissent un chômage important et un effritement de la protection sociale, plus de 100 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 37 millions sont sans emploi ;
- Quelque 160 millions d'enfants souffrent de malnutrition modérée ou aiguë et 110 millions environs ne fréquentent pas l'école ;
- Grâce aux pensions de retraite et à la sécurité sociale, beaucoup de gens sont désormais à l'abri de la pauvreté dans vieux jours, mais la pauvreté chez les personnes âgées reste la chose au monde la mieux partagée.
La pauvreté a toujours été une préoccupation majeure de l'Organisation des Nations Unies. Ces dernières années, la lutte contre la pauvreté a reçu une attention accrue. L'élimination de la pauvreté a été l'élément commun aux grandes conférences des Nations Unies tenues dans les années 90, en particulier le Sommet Mondial pour le développement social.
C'est dans ce contexte que l'Assemblée générale a proclamé en 1995 la première Décennie des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté (1997-2006), sur le thème. L'élimination de la pauvreté est un impératif moral, social, politique et économique de l'humanité.
L'élimination de la pauvreté passe par une augmentation de la croissance économique et des possibilités d'emploi. Il faut aussi s'attaquer aux causes de la pauvreté dans la cause de stratégies sectorielles, touchant par exemple l'environnement, la sécurité alimentaire, la population, les migrations, la santé, le logement, la mise en valeur des ressources humaines, l'eau douce y compris l'eau potable et l'assainissement et le développement rural.
Stratégies et plans analyses et statistique, méthodes et moyens d'action ne manquent pas. Ce qu'il faut, c'est être disposés et résolus, plus que jamais, à conjuguer les efforts inlassables de tous les acteurs.
En cette Journée vouée à l'élimination de la pauvreté, je lance un appel à tous les nantis de la planète pour qu'ils tiennent compte des besoins des déshérités. Continuons d'unir nos efforts, plus étroitement encore et à tous les niveaux de l'Organisation, pour mener la guerre contre la pauvreté.
Poème écrit lors des "Sporlidarités" du 12 Octobre à Paris (voir agenda mondial)
Qu'est-ce que c'est que la misère ?
La misère ce n'est pas un coup de vent à l'automne.
Ce n'est pas non plus un baiser qu'on fait à l'histoire du
monde.
Chaque jour de la vie c'est la misère.
Car dans le monde entier un enfant, un innocent meurt. Pourquoi ?
Je l'ignore.
Mais je ne veux pas mourir ignorant.
Car dans un coin de mon coeur l'espoir disparaît.
Dans le mot misère, repose toute la souffrance d'un peuple uni
par le vie
dans le malheur et dans le pire.
J'ai un regret. Mourir insensible aux malheurs de mes frères.
J'ai fait un rêve : Celui de voir sortir de l'ombre un visage
terne, lugubre, le mien.
Le mien ne se veut pas moi.
Mais tous ces coeurs imprégnés en moi.
J'ai vu le jour se lever et mon coeur a pâli aux pleurs de cet
enfant.
Je me tais. Mais je ne cesse de songer à l'espoir de demain.
Message de M. Daniel Tarschys, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe (extraits)
Chaque année, le 17 octobre nous donne rendez-vous avec le rappel de l'atteinte à la dignité humaine que constitue la grande pauvreté.
En cette année 1997, ce jour intervient une semaine après le rendez-vous que se sont donné l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement des 40 pays membres du Conseil de l'Europe.
A leur agenda figurait la volonté d'encourager la compréhension entre les citoyens du Nord et du Sud et de défendre la cohésion sociale de nos sociétés européennes et, de ce fait, de ne pas relâcher la lutte contre l'exclusion sociale.
Cette volonté s'est en particulier forgée au travers du déroulement des travaux du projet "Dignité humaine et exclusion sociale", dont le Mouvement ATD Quart Monde fut parmi les initiateurs.
Puisse cette impulsion continuer à mobiliser nos énergies, qu'elles soient d'origines locales, associatives, gouvernementales et internationales.(...)
Déclaration de Madame Mary ROBINSON, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, lors du rassemblement à Genève. (voir aussi Genève dans l'agenda du 17 octobre 1997)
Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Je voudrais vous dire combien je suis honorée et heureuse d'être aujourd'hui parmi vous, en cette Journée internationale de la pauvreté. La réunion d'aujourd'hui est symbolique à plus d'un titre. Elle commémore l'appel lancé, il y a dix ans exactement, le 17 octobre 1987, par le Père Joseph Wresinski, à Paris, au Trocadéro, sur le Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme et qui est gravé dans la pierre : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré."
Ce message, lancé il y a dix ans, a acquis de nos jours, une dimension universelle. L'Assemblée générale des Nations Unies l'a repris, en proclamant le 17 octobre Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, commémorée dès 1993 dans le monde entier. En 1996 l'Année internationale pour l'élimination de la pauvreté donnait une dimension nouvelle aux efforts déployés pour la communauté internationale pour combattre ce fléau. Enfin, nous sommes aujourd'hui réunis dans le cadre de la Première Décennie des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté, de 1997 à 2006. L'élimination de la pauvreté est un impératif éthique, social, politique et économique pour l'humanité. Elle est la priorité des priorités, l'objectif essentiel de l'ensemble de la communauté internationale. Elle a fait l'objet d'un engagement solennel des dirigeants du monde réunis à Copenhague pour le Sommet mondial pour le développement social. C'est cet engagement qu'il nous faut, tous ensemble, traduire maintenant en réalités, en partenariat avec ceux qui sont au coeur de ce vaste mouvement pour que leurs droits fondamentaux soient respectés. Car, il est maintenant reconnu que la pauvreté, l'exclusion sociale et l'extrême pauvreté sont des atteintes à la dignité humaine et une négation des droits de l'homme. L'existence de situations d'extrême pauvreté contredit le devoir de garantir la pleine jouissance des droits de l'homme.
Lutter contre la pauvreté exige l'engagement de tous dans un vaste élan de solidarité au niveau international, national et local. C'est donc avec préoccupation que je fais référence à un rapport publié hier mentionnant que l'aide officielle apportée par les vingt et un pays les plus riches de la planète - ceux de l'OCDE - aux pays en développement a atteint son niveau le plus bas depuis 1950. Alors que nous savons que la pauvreté avance, et qu'une personne sur cinq dans le monde vit dans la pauvreté.
Dans toute action de lutte contre la pauvreté, il est essentiel d'associer les plus pauvres à la détermination de leur avenir. Pour atteindre les plus pauvres et en faire des partenaires, il faut les connaître, les écouter et travailler à leurs côtés. Car la pauvreté ne connait pas de frontières. Ses visages sont multiples : ce sont des visages de femmes, d'enfants, de jeunes, de handicapés et de personnes âgées, de migrants et de réfugiés, tous ceux que le progrès a laissé au bord de la route. La pauvreté touche les personnes et les familles partout dans le monde, dans les pays en développement comme dans les pays développés. Mais la pauvreté peut être vaincue. En tant qu'Irlandaise, je garde toujours à l'esprit la famine qui a frappé mon pays, il y a plus d'un siècle, avec ses millions de morts et de citoyens obligés de quitter leurs foyers pour chercher la survie à l'étranger. Après ce douloureux épisode de l'histoire irlandaise, la détermination, l'engagement et la volonté des citoyens et des autorités ont démontré que la pauvreté pouvait être vaincue. C'est cette même détermination de l'ensemble de la communauté internationale en faveur des citoyens défavorisés de notre planète qui doit nous animer aujourd'hui encore plus qu'hier.
Mesdames et Messieurs,
L'exposition qui nous est présentée en ce jour est l'une des formes d'expression par laquelle celles et ceux qui vivent quotidiennement l'extrême pauvreté s'adressent directement à nous. Ces oeuvres parlent de leur vie de tous les jours, de leurs difficultés, de leurs espoirs et de leurs attentes. Elles nous invitent à entrer en dialogue avec eux, à répondre aux besoins qu'ils expriment. Elles nous montrent que les plus pauvres ont une place et un rôle à jouer dans la construction d'une société véritablement digne et respectueuse de la personne humaine. Une société où aucun être humain n'est si pauvre qu'il n'a rien à partager et personne n'est si riche qu'il n'a rien à recevoir.
Ensemble, nous pouvons créer ce monde prochain où la pauvreté aura disparu et où les droits de l'homme seront respectés. Ce monde, les Nations Unies veulent le construire avec vous.
Je vous remercie.
Genève - Palais des Nations 17 octobre 1997
Peuple d'entre nous
Peuple de partout et de nulle part,
Parfois si loin, toujours si proche
Nous partageons les mêmes désirs
La même foi en l'homme.
Si parfois notre esprit s'égare
Notre volonté s'effiloche
Ce n'est que pour mieux repartir.
D'un même élan pour le futur
Ensemble, nous construirons le mur
Qui contre la misère tenace
Protégera enfin toute race.
Pour l'amitié entre les hommes
Pour le Partage et l'Equité
Pour ces moments subtils
Sel de la vie, en somme,
Mobilisons nos facultés
Pour rendre les choses plus faciles
A ceux si longtemps oubliés.
Pour Toi, pour Nous,
Peuple du Quart Monde.
Message de Lionel Jospin, Premier Ministre de la République française (extraits)
Que la misère n'est pas une fatalité ; que tous les hommes -quelle que soit leur condition- sont égaux et ont droit à la dignité ; qu'il revient à chacun d'entre nous de mener le combat contre l'indifférence : telle est notre conviction commune et tel est l'engagement partagé par tous ceux qui, depuis dix ans, se réunissent le 17 octobre de chaque année sur le parvis des Libertés et des Droits de l'Homme.
Ne pouvant être présent aujourd'hui à vos côtés pour en témoigner, je veux vous dire toute la valeur que j'attache à cette conviction et à cet engagement. Hier fondement de mon engagement politique, le refus de la fatalité, la volonté de rendre la société plus juste, l'ambition de voir s'éteindre la misère, sont aujourd'hui les principes qui guident l'action de mon gouvernement.
Notre société a quelque chose d'aussi absurde qu'injuste. Riche, elle voit des milliers de personnes souffrir de la faim, dormir dans la rue, renoncer à se soigner. Démocratique, elle n'en tolère pas moins que de trop nombreux citoyens soient exclus -de par leur seule pauvreté- du débat public.
Cela, nous ne l'acceptons pas.
Le gouvernement est ainsi déterminé à assumer les responsabilités qui sont les siennes dans le combat contre la misère. En se donnant comme première priorité l'emploi ; en aidant les familles les plus modestes ; en prévenant l'exclusion : une loi d'orientation sera présentée à cette fin au parlement avant la fin du premier semestre de l'année 1998.
Message de Madame Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre de la Femme, de l'Enfant et de la Famille de la République du Sénégal
Le 17 octobre est devenu une journée de référence pour la communauté mondiale en lutte contre la pauvreté et la misère.
Maintenant nous rappelons la célèbre phrase du Père Joseph Wresinski : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré."
La situation mondiale reste encore marquée par le scandale que constituent l'égoïsme, l'indifférence et l'insouciance devant la pauvreté qui ne cesse de croître. Aujourd'hui plus d'un milliard de personnes est victime de la pauvreté.
Dans les pays du Nord, le nombre de "SDF", de marginaux et d'exclus est en augmentation constante. Au Sud, la malnutrition, l'ignorance et la maladie constituent le lot quotidien de millions de personnes vivant dans les bidonvilles, les favelas et les taudis.
Mon pays le Sénégal n'est pas épargné par ces maux. Les annés successives de sécheresse qu'ont connues les pays du sahel, et l'application des programmes d'ajustement structurel ajoutés à la rapide croissance démographique ont poussé à la paupérisation de nombreuses couches de la population.
La manifestation la plus visible de cette pauvreté est l'importance accrue du nombre de mendiants.
C'est pour tenter de juguler le phénomène que le gouvernement du Sénégal à travers une démarche consensuelle a élaboré le programme national de lutte contre la pauvreté et a consacré un volet important du Plan d'Action National de la Femme à la lutte contre la pauvreté féminine.
Le 17 octobre est ainsi l'occasion pour réfléchir ensemble sur les actions les plus pertinentes à développer en vue de l'éradication de la pauvreté et jamais dans l'histoire de l'humanité les conditions n'ont été mieux remplies qu'aujourd'hui avec le formidable potentiel technique et scientifique dont nous disposons.
Il s'agit donc de renforcer la solidarité internationale et de travailler à obtenir une répartition plus juste, plus judicieuse et plus équitable des ressources matérielles, financières et humaines du monde dans l'esprit du Plan d'Action adopté en mars 1995 à l'occasion du Sommet Mondial sur le Développement Social.
La décennie internationale pour l'élimination de la pauveté (1997-2006) constitue une opportunité à saisir. Au Sénégal, nous avons coutume de dire que "l'homme est le remède de l'homme", cette vision optimiste, le viatique qui permet à des milliers de familles de relever dignement la têtre au plus fort de la privation.
Refusant la fatalité, les familles essaient, malgré les difficultés de toutes sortes, de se soustraire de la misère et de la pauvreté.
J'ai la conviction que si tous ensemble nous agissons, nous sommes capables de vaincre la pauvreté.
Message des ONGs du groupe ONG/UNESCO "Culture et développement"
"Un groupe d'ONG en relation officielle avec l'UNESCO a
étudié depuis octobre 1994 les liens entre la culture et le
développement dans la lutte contre la grande pauvreté. Il a
reconnu le rôle essentiel que joue la culture dans le
déroulement du développement.
Il a au-delà constaté que si les premiers acteurs de la lutte
contre la misère sont ceux qui la subissent, la participation de
tous à ce combat demeure indispensable pour le renforcer et le
rendre public. C'est pourquoi il affirme, ce 17 octobre 1997, sa
volonté de continuer à participer au travail de tous ceux qui,
dans le monde, agissent pour éliminer la misère."
Ce groupe ONG/UNESCO accueille des représentants des associations suivantes : Association Catholique internationale des Services pour la Jeunesse - Association Internationale des Charités - Bureau International Catholique de l'Enfance - Caritas Internationalis - Conseil International des Femmes Juives - Fédération Internationale des Femmes de Carrières Juridiques - Fédération Internationale de Femmes Diplômées des Universités - Fédération Internationale pour l'Habitation, l'Urbanisme et l'Aménagement des Territoires - Fédération Mondiale des Associations, Centres et Clubs UNESCO - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté - Mouvement International ATD Quart Monde - Organisation Internationale de l'Enseignement Catholique - Pax Christi International - Pax Romana - Soroptimist International - Union Internationale du Notariat Latin - Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques - Zonta International - La Voix de l'Enfant.
Message des enfants de la Fondation Petit Dan et Sarah du Cameroun
Au soir du 17 octobre 1997, nous voulons vous dire notre foi en l'avenir de tous les enfants de la terre. Malgré la faim, malgré la guerre, malgré toutes les maladies, les injustices et les haines qui pèsent sur nos familles et placent nos vies sous un danger permanent, nous osons toujours espérer. Nous rêvons à un monde qui ne verra plus les enfants aller en guerre. Nous rêvons à un monde où tous les enfants pourront manger à leur faim, avoir de l'eau potable à leur portée, et des soins médicaux appropriés. Nous voulons bâtir un monde où tous les enfants auront accès à l'éducation. Et ce monde, nous avons décidé de le bâtir avec nos amis de l'école dun village enclavé, en ce jour commémorant la Journée Mondiale du Refus de la Misère.
Après cinquante kilomètres sur l'axe principal, la piste qui mène à ce village ne nous a pas permis d'aller loin en voiture. Elle est en saison des pluies un marécage, et nous avons dû parcourir les neuf derniers kilomètres à pied. Nous avons marché en chantant, heureux d'aller retrouver nos amis et de passer avec eux une journée d'amitié. Dès les premières heures de la matinée, notre groupe de quarante s'est joint à tous les élèves et aux trois maîtres trouvés à l'école. Nous avons chanté l'hymne du Cameroun, sous le drapeau planté en plein milieu de la cour de l'école.
Coude à coude, nous nous sommes mis au travail. Parce que nous croyons que les pauvres doivent eux-mêmes refuser de porter passivement le triste sort de la pauvreté. Parce que nous croyons que l'effort de chacun est un pas de plus, un point de gagné contre la misère. Parce que nous croyons que travailler ENSEMBLE, c'est accepter de dire NON A LA MISERE. Nous avons enlevé les souches dangereuses plantées sur toute l'étendue de la cour de l'école. Nos amis nous ont expliqué, en travaillant avec nous, que les enfants se blessaient tous les jours en voulant jouer entre ces souches. Nous leur avons expliqué qu'il ne fallait pas attendre si longtemps pour les enlever. Ils nous ont appris à bien utiliser les instruments de travail, et à supporter la chaleur et la faim en travaillant. Les trois salles de classe construites en matériaux provisoires ne sont pas crépies. Les mottes de terre tombent souvent sur les enfants assis près des murs. Le sol n'est pas cimenté. Et beaucoup de petits enfants sont assis sur les troncs d'arbres, dans la poussière. Ils ont des chics dans leurs orteils. Cette école n'a que dix-huit tables-bancs pour cent trente élèves. Nous avons invité les parents venus nous assister pour la journée, après la petite pose de midi, à chercher des pierres avec nous. Ces pierres serviront plus tard au maçon pour couler le sol, et nos amis ne vont plus s'asseoir dans la poussière.
Le travail fini, nous avons visité l'autre partie du village, encore plus enclavée. Pour y arriver, on traverse la rivière sur les troncs d'arbre surélevés et attachés avec des lianes ou fil de fer. Et quand il pleut, cette rivière se met en crue. Pendant plusieurs jours, et parfois même plus d'une semaine, les enfants de ce côté du village ne peuvent plus traverser pour venir à l'école. Nous avons ensuite partagé un repas ensemble. Les parents du village y ont ajouté des fruits. C'est devenu une fête à la fin de cette journée. Nos amis n'ont plus voulu nous laisser rentrer. Beaucoup ont parcouru six kilomètres avec nous pour nous encourager à retrouver les minibus.
En vivant cette journée avec les enfants de l'école de ce village isolé, nous avons été heureux de partager leurs difficultés, et surtout de trouver des choses à faire ENSEMBLE pour DIRE NON A LA MISERE.
Message de Mr Debauque, Bourgmestre de La Louvière, Belgique (extraits)
Je voudrais vous faire part d'un message officiel, message officiel qui n'a pas de caractère de spontanéité qui est austère, mais lourd de sens. Il s'agit d'une motion qui a été votée par le Conseil Communal de La Louvière, lors de sa dernière réunion, le 29 septembre 1997.
Attendu que dans sa résolution du 22 décembre 1992, l'Assemblée Générale des Nations Unies invite les Etats, les Organisations inter-gouvernementales et non-gouvernementales à organiser des activités pour marquer l'attention voulue aux problèmes spécifiques des personnes les plus pauvres. A l'unanimité, le Conseil Communal
- apporte à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre le soutien à tous ceux qui luttent pour que les droits et les responsabilités de chacun soient respectés, afin que chacun puisse trouver sa place dans la construction et la solidarité,
- s'engage à défendre les droits, les intérêts et l'expérience des citoyens les plus démunis dans tous les domaines fondamentaux de la vie, dans la mise en oeuvre et le développement de la politique globale communale et à évaluer les résultats en référence aux grandes orientations du Rapport Général sur la Pauvreté (réalisé en Belgique) et en partenariat avec les plus démunis eux-mêmes."
Ces propos austères sont des propos lourds de sens qui expriment la solidarité des autorités officielles, de l'institution communale qui est l'institution la plus proche du citoyen et je formule que ce voeu se concrétise dans la réalité.
Message de Monsieur Taminiaux, Ministre de l'Action Sociale, du Logement et de la Santé du Gouvernement de la Région Wallonne de Belgique (extraits du message adressé aux personnes rassemblées à la Louvière en Belgique)
Je tiens à dire combien je trouve qu'il est important que les témoignages qui ont été présentés aujourd'hui soient écoutés et relayés vers l'extérieur et je remercie en tous cas les enfants et les membres du personnel enseignant et je crois qu'on peur compter sur eux pour qu'il y ait un lendemain à la journée d'aujourd'hui.
Je vous dirais qu'il est important que cette action soit relayée au niveau de la sensibilisation. Je crois qu'un des objectifs d'une manifestation comme celle-ci c'est de sensibiliser les autorités politiques, mais aussi de sensibiliser la population. Je pense que la population doit se dire, que chacun doit se dire: et si c'était moi, si c'était à moi que ça arrivait de tomber dans l'exclusion. Vous savez, j'ai essayé au niveau de la Région Wallonne de connaître l'état sociale de la Région. J'ai demandé que soit établi le portrait social de la Wallonie. Savez-vous qu'en Région Wallonne, il y a un peu plus de 4% de personnes qui vivent dans la pauvreté? Savez-vous que 27% de personnes qui vivent en Wallonie vivent en état de précarité, ce qui signifie que s'ils vivent un moment difficile, qu'ils perdent leur travail, un des membres du couple ou peut-être les deux et qu'ils vivent des situations familiales difficiles, ils risquent de basculer dans la pauvreté? Mais savez-vous surtout que s'il n'y avait pas la sécurité sociale, ce n'est pas 4% de pauvres qu'il y aurait, mais c'est dix fois plus, c'est 40% de pauvres. Alors, je pense que l'action qui est menée pour faire respecter les droits fondamentaux est une action essentielle et c'est d'ailleurs pour cela que je suis ici et ce n'est pas la première fois à leurs côtés.
Bien sûr il faut se dire que le combat est difficile, il faut se dire qu'on n'atteint pas les objectifs en une fois, mais il faut aussi cultiver les résultats que l'on obtient, en se disant bien sûr que le combat n'est pas terminé. L'action que nous menons en cette matière là, en Région Wallonne, c'est la priorité pour le logement social, en faisant respecter le sort des personnes qui vivent des situations d'exclusion, l'action que nous avons menée pour la médiation des dettes et j'en passe.
(...Les) personnes qui vivent des situations d'exclusion n'attendent pas qu'on leur donne la parole, ils prennent la parole et cela je crois que c'est une démarche particulièrement positive, parce que c'est vrai, n'attendons pas que les améliorations viennent des autres, prenons nos responsabilités et faisons-nous entendre un peu comme aujourd'hui.
Je crois en tous cas que c'est ce qui fait que de plus en plus, non seulement dans notre Région, mais dans notre pays et à travers le monde comme cela a été démontré aujourd'hui, la voix des plus pauvres, dans des sociétés qui sont faites pour les gagnants, doit être entendue, doit être écoutée et je vous dirais qu'en fait que toute cette société qui est faite pour les plus forts et qui laisse sur le bord du chemin ceux qui ne sont pas les gagnants, ils doivent dire aussi ceux-là qu'ils existent, ils doivent affirmer leur existence et nous devons tous ensemble en tous cas agir pour la faire respecter.
Vous aussi,
envoyez votre message de soutien
au comité pour la prochaine Journée Mondiale,
le 17 Octobre 1998
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