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Les Messages, Appels et Déclarations officielles de 1999

 


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Les témoignages et messages de soutien 1999

 

 

 

 


Les Témoignages et Messages de soutien 1999


France

Messages d'enfants:

"Il y a une petite fille qui habite près de chez moi. Elle a beaucoup d’ennuis. Ses parents ne s’occupent pas d’elle. Elle est très seule. Un jour, ses parents l’ont laissée toute seule. Elle est allée dehors et elle a disparu.
Je suis dans un foyer pour enfants. Je voudrais pouvoir repartir chez moi. Mais ma maman habite dans une autre ville et mon papa vit dans un foyer lui aussi et ne peut pas nous héberger."

Sandrine, 9 ans, dans un foyer en France, originaire du Cameroun.

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Bordeaux - le 17 Octobre 1999

Nous vous parlons aujourd'hui au nom de toutes les personnes du Mouvement ATD Quart Monde.
Nous avons en tête toutes les familles qui ont la vie très dure en ce moment, ici à Bordeaux, dans toute l'Europe et aussi dans le monde entier.
A Bordeaux, nous connaissons des familles en grande difficulté, c'est pour elles que nous sommes rassemblés ici.
Ce 17 Octobre, nous voulons vous parler des enfants, de ce que nous faisons et espérons pour eux.
Les enfants, c'est notre vie.
Sans nos enfants, on ne vit plus.
Notre combat pour les enfants, c'est l'éducation.
L'éducation c'est donner de l'affection, de l'amour. C'est leur apprendre le respect des autres et de soi-même. Alors un jour, ils sauront être solidaires.
L'éducation, on sait que ça commence par les parents.
Nous devons être à l'écoute des enfants, mais pour les parents qui ont trop de problèmes, il faut souvent faire beaucoup d'efforts pour écouter les enfants.
Il nous faut de la force pour éviter que nos enfants ne se laissent entraîner sur un mauvais chemin.
Nous avons tellement peur qu'on fasse avec eux comme avec nous, quand nous sommes rejetés, que nous voulons aussi qu'ils apprennent à se défendre.
L'éducation, c'est aussi l'école.
Nous connaissons trop d'exemples où si l'enfant a des problèmes à l'école, on le laisse de côté.
Souvent il y a trop d'élèves dans les classes. Le maître ne peut s'occuper de tous. Certains d'entre nous font tout ce qu'ils peuvent pour trouver l'école qu'il faut, celle où on peut le mieux s'occuper d'eux.
Parfois, des parents cherchent dans le privé, même s'il faut payer.
Un enfant, il faut qu'il soit bien dans son école, qu'il sente que l'école lui est adapté. Nous, parents, nous connaissons bien nos enfants, nous aurions des choses à dire pour eux. Il faut qu'on nous écoute.
L'école, c'est apprendre des choses qui servent dans la vie.
Aujourd'hui tout est mécanisé, informatisé. On a besoin de plus d'instruction pour faire marcher la technique.
Pour les enfants, ce qu'il faut aussi, c'est qu'ils aient des repères pour se diriger dans la vie, être capable d'être un père, une mère, ne pas être trop désorienté quand il y a un gros ennui.
Les enfants doivent apprendre à se débrouiller seuls, même si nous devons être là quand ils ont besoin de nous.
Le plus important, c'est de montrer les qualités de l'enfant plutôt que ses faiblesses.
C'est pour cela qu'on voudrait que nos enfants puissent faire plein d'activités différentes, leur donner la possibilité de découvrir et de choisir, du sport, du théâtre, de la musique...
On doit voir avec l'enfant quelle est sa passion et pouvoir le pousser vers qu'il aime, dans un domaine où on pourra lui dire : tu es capable, tu es bon ici..
En disant cela à un enfant, il se sent égal aux autres.
Autrement, ça lui donne envie de se révolter.
Mais beaucoup de familles que l'on connaît ne peuvent pas inscrire les enfants aux activités. C'est trop cher. Ou alors, il faut passer par les services sociaux qui posent plein de conditions.
C'est un peu comme pour la cantine. C'est bien, ça permet de goûter à tout. Et si à la fin de mois on a pas d'argent, ils mangent bien au moins une fois par jour.
On nous dit que pour la cantine on peut avoir des aides, mais nous connaissons des familles pour qui cela ne suffit pas. Les droits de l'enfant, c'est aussi cela, pouvoir manger à sa faim,ici, en France, comme ailleurs.
Notre combat pour les enfants, c'est la famille.
Nous voulons défendre le droit pour des enfants et des parents à vivre en famille. Il faut chercher toutes les solutions possibles avant d'enlever un enfant à sa famille, sauf si il y a un vrai danger.
Nous connaissons trop de situations où, quand il y a un moment difficile, les parents n'osent pas demander un soutien parce qu'alors on propose le placement les enfants.
Quand une famille est en difficulté, l'aider, ce n'est pas enlever les enfants, au contraire, si on se bat, c'est pour les enfants. Quand on est en famille, cela donne une force.
Quand une famille se trouve à la rue ou dans une situation très dure, on doit chercher des solutions pour soutenir la famille entière et non l'individu. Il faudrait avoir en face de nous des gens qui comprennent notre souffrance, même si ils ne peuvent pas forcément donner plus d'aide financière, mais il faut comprendre cela.
En séparant la famille, au lieu de nous aider à remonter la pente, on nous enfonce. Quand on n'a personne pour nous soutenir à ce moment là, le risque est grand de perdre son rôle de parent et de ne plus retrouver ses enfants.
C'est pour cela que pour nous, c'est fondamental de défendre ce droit pour tous, parents et enfants, de vivre en famille.
Tous ces droits, les droits de l'enfant, les droits de l'homme, nous voulons les faire exister.
Très souvent nous nous battons pour eux.
En hébergeant des familles qui risqueraient d'être à la rue,
En soutenant quelqu'un pour faire une démarche pour un soin médical, un logement, un travail,
En aidant des jeunes couples à s'occuper de leur bébé,
En s'endettant pour acheter des choses qui sont nécessaires pour l'éducation et l'avenir de nos enfants...
En s'engageant aussi dans des associations, pour dialoguer avec les responsables politiques et tous ceux qui travaillent pour que la pauvreté et l'exclusion reculent.
Mais il faut être plus nombreux.
C'est tous ensemble que l'on réussira vraiment à bâtir un monde plus juste pour nos enfants. Il y a des lois qui disent non à la misère et l'exclusion. Comment les faire appliquer ?
Pour cela on a besoin de tous.
C'est notre devoir sacré, car ce que les enfants demandent,c'est bien la justice et la paix.

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Poème de Madame A. de Bordeaux
pour le
17 Octobre 1999, Journée Mondiale du Refus de la Misère

L'hiver avait déposé
Son manteau blanc
Enfant je me suis courbée
Sous le poids de ma vie
Tant de tristesse et de peur
Pour un si petit cœur
Je suis orpheline à jamais
Les années ont passé
Mais mon cœur pleure
Car on m'a volé mon enfance
Le matin de mes cinq ans
Pourquoi m'ont-ils abandonnée ?

J'ai erré, j'ai cherché
Mais à cinq ans je ne comprenais pas
Ce qui avait pu m'arriver
Malgré mon sourire
Mon cœur est gris et froid

Le bout de ce tunnel noir
Je ne l'ai vu que deux fois
Ce sont mes enfants
Deux vies qu'il faut respecter
Deux vies parmi la vie
Nous avons tous un devoir
Celui de donner la vie

Par leurs rires et leurs chants
Ce tunnel noir s'éclaircit
Il m'arrive d'imaginer
Des fleurs et des champs
La lumière du soleil
Alors pendant un instant
Mon cœur fait des sauts de bonheur

N'ayez aucune peur de parler
On est là pour vous entendre
Si les personnes savaient écouter
Tous ces cris de détresse
Tant de malheur serait évité
Un peu de bonheur, un peu de soleil
Ce ne serait rien si chacun savait donner
Mais sachez petits enfants abandonnés
Qu'il y aura toujours mon cœur
Pour vous aider dans vos malheurs
Cette lumière que vous cherchez

Un jour vous la trouverez

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Messages d'enfants: de Bolivie, du Pérou et d'Espagne:

Ces messages d’enfants accompagnent leurs portraits sur tissu.
Ces portraits et ces messages sont la base de la campagne Tapori: "Lorsque je te tiens la main, je soutiens , je soutiens le monde entier."
Celle-ci vise à mobiliser des milliers d’enfants à travers le monde afin qu’ils soutiennent une centaine de leurs ambassadeurs qui se réuniront du 13 au 21 novembre à Genève pour vivre le Forum International des enfants, Tapori : L’amitié gagne sur la misère".

Juan ,13 ans, Cusco Pérou.
Je veux que mon portrait me représente au Forum international des enfants à Genève parce que je veux qu’ils sachent que je suis un enfant Tapori et parce qu’on doit nous respecter , moi et les autres entants parce que maintenant, nous les enfants, nous avons la parole. En l’an 2000 je veux que le monde change, qu’il y ait plus d’amour et d’union. qu’il n’y ait pas de guerre et que tous ensemble nous gagnions sur la misère parce que nous serons un monde de fraternité. Pour réussir cela je vais m’efforcer d’aider ceux qui en on le plus besoin et de vous dire à tous qu’avec de l’amour nous pouvons vaincre la misère "

María , 7 ans, Cusco Pérou
" Je veux que mon portrait me représente au Forum international des enfants à Genève parce que, comme ça j’y serai présente.
En l’an 2000 je veux que le monde soit meilleur, que les parents aient du travail, que le Pérou et l’Equateur ne se fassent plus la guerre. Pour réussir cela je vais m’efforcer de ne pas me battre avec mes frères et sœurs, mes cousins ou mes amies et d’aimer beaucoup mes parents ". 

Fedérico, 12 ans, Cusco Pérou
" Je veux que mon portrait me représente au Forum international des enfants à Genève parce que je veux partager ma joie avec d’autres enfants. En l’an 2000 je veux que le monde soit bon, que les enfants ne soufrent pas, que l’on ne tue pas les animaux :. Pour réussir cela je vais m’efforcer d’être gentil avec les autres.

Luis, 10 ans, Cusco Pérou
" Je veux que mon portrait me représente au Forum international des enfants à Genève parce que je veux que tous les enfants tapori me connaissent et parce que je veux être un ami pour chacun d’eux. En l’an 2000 je veux que le monde soit un monde tapori pour que tous le enfants apprennent à partager comme des frères.
Pour réussir cela je vais m’efforcer d’étudier et de partager avec mes amis.

José 9 ans. Madrid Espagne
Je veux que mon portrait me représente au Forum des enfants à Genève pour que tous les enfants m’aiment. En l’an 2000 je veux que le quartier soit propre, que nous puissions aller au cinéma, que nous puissions aller vivre dans un meilleur endroit. Pour cela je vais m’efforcer d’être aux cotés des enfants qui n’ont pas d’amis pour que le monde soit meilleur.

Andrés 6 ans. Madrid Espagne
Je veux que mon portrait me représente au Forum des enfants à Genève parce que je veux que tous les enfants puissent apprendre à lire et écrire comme moi.
En l’an 2000 je veux que dans le monde il y ait plus de fleurs et d’eau pour que les enfants puissent laver. Pour cela je vais m’efforcer de lire et écrire pour apprendre beaucoup de choses.

Teresa 6 ans. Madrid Espagne
Je veux que mon portrait me représente au Forum international des enfants à Genève parce que beaucoup ne me connaissent pas et je et je veux qu’ils me connaissent pour qu’ils viennent un jour dans ma maison et jouer avec moi. Ainsi je m’amuse plus et si je m’amuse plus je me sens bien.
En l’an 2000 je veux que le monde soit différent parce qu’il y a des choses qui ne sont pas bien: dans ce quartier les nouveaux venus vendent de la drogue et avec eux il se passe des choses. Et je pleure parce que je veux vivre et je ne veux pas mourir, parce que aussi j’ai peur quand les gens se battent.
Pour y arriver je vais m’efforcer que le monde soit heureux et que tout le monde s’aime, qu’ils ne se battent jamais parce qu’on ne doit pas se battre. En se battant on ne s’aime pas et on se sent mal. Et quand il y a de la bagarre, il faut le supporter. Je défends mes amies en les séparant quand elles se battent. " Ne vous battez pas, c’est beaucoup mieux d’être amies.

Sonia 14 ans. Madrid Espagne
Je veux que mon portrait me représente au Forum parce que je pense que le monde a aussi besoin de mon aide pour réussir ce que je veux réussir, parce que tous les enfants du monde et toutes les personnes veulent un monde juste et sans rien qui puisse faire du mal à quelqu’un.
Alors en l’an 2000, je veux que le monde soit différent de ce qu’il est cette année. Bien que je sache que rien ne se réalisera en une année, je vais essayer de travailler beaucoup pour que d’ici quelques années (j’espère pas beaucoup) il n’y ait plus de misère ni de guerre ni de drogues, ni rien.
Je veux seulement le bonheur. Et pour réussir cela, je vais aller toujours à mon groupe Tapori pour donner à tous mes témoignages. J’irai à toutes les rencontres du 17 octobre et ainsi je pense qu’on va en finir avec elle, avec cette misère, qui est une chose que personne ne veut et qui, un jour, cessera.

Maria - 10 ans - Bolivie
Je veux que ma silhouette me représente au Forum International des enfants à Genève parce que nous les enfants, nous devons être unis.
Pour l’année 2000, je souhaite que dans le monde, nous soyons plus unis, surtout les enfants.
Et pour le réussir, je m’efforcerai à comprendre tous mes amis et aussi mes frères et les conseiller

Efrain - 10 ans - Bolivie
Je veux que ma silhouette me représente au Forum International des enfants à Genève parce que je fais partie de la famille Tapori
Pour l’année 2000, je souhaite que tes rêves deviennent réalités, celui d’avoir une famille heureuse.Et pour le réussir, je m’efforcerai à bâtir l’amitié avec toi et les autres garçons et filles

Anita - 10 ans - Bolivie
Je veux que ma silhouette me représente au Forum International des enfants à Genève parce que je souhaite que tous les enfants me connaissent afin que nous soyons amis eux et moi.
Pour l’année 2000, je souhaite que le monde soit très uni, que tous les enfants soient très unis, que l’amitié entre dans le monde, aussi la paix et la non-violence.
Et pour le réussir, je m’efforcerai à ce que tous les enfants, nous soyons unis, voisins, communauté et que tout le monde soit ami; que la misère termine pour que les enfants ne souffrent plus et que l’amitié puisse vaincre la misère.

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Bolivie - La Paz ( message adressé aux enfants)

17 octobre 1999

Bonjour à tous les enfants, depuis l'autre bout de la terre.
Je suis en Bolivie, dans un pays d'Amérique du Sud.
Dans une ville (La Paz) qui se trouve à 3800 m d'altitude (le terrain d'aviation se trouve à 4000 m...).
Ici aussi les enfants veulent se donner la main pour refuser la misère.
Dans une dizaine d'écoles, les enfants ont dessiné leurs portraits pour participer à la réalisation des banderoles. Ces banderoles seront exposées dans le centre de la ville pour attirer l’attention de toutes les grandes personnes avant d'aller à Genève avec nos deux enfants délégués pour le Forum international des enfants (*).
Ici les grandes vacances vont bientôt commencer. Elles commencent durant le mois de novembre. C'est un temps où les écoles se ferment, mais ce n'est pas un temps pour se reposer. Au contraire, si les écoles se ferment, c'est parce que les enfants doivent aider pour les semailles et pour les cultures. Le temps de vacances, c'est un temps pour travailler, pour gagner un peu d'argent, surtout pour les grandes personnes, mais aussi pour les enfants.
Comme vous le voyez, ce n'est pas seulement la langue qui est différente, mais ce sont aussi les habitudes et les modes de vie : même traduits dans les langues d'ici, le mot "vacances" ne veut pas dire la même chose...
Merci de nous aider à refuser la misère partout dans le monde. Nous avons besoin de vos coeurs et de vos bras.

Vive le Père Joseph.

André Modave.

(*) Le Forum international des enfants est organisé par le Mouvement ATD Quart Monde. Il rassemblera à Genève, en Suisse, durant une semaine, autour du 20 novembre 1999, une centaine d'enfants de milieux sociaux très divers et venant des cinq continents.

Pour en savoir plus sur cet événement, vous pouvez consulter le site web : "www.tapori.org".

 

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Monts (37)

Messages d'enfants de l'école de Monts pour le 17 octobre 1999

Nolwenn ( Monts,France)
Dans le monde , il y a des gens qui sont très malheureux à cause de la misère .
Les gens n' ont pas à manger et ils n' ont pas de médicaments pour se soigner .
Les enfants et leur parents meurent de faim et de maladie .
Arrêtez la misère s' il vous plaît

Simon (Monts, France)
Les gens pauvres n'ont pas de quoi se nourrir, pas de foyer, ni de travail. Alors nous allons envoyer de la nourriture aux"Restos du Cœur". Nous devons les aider,la misère doit cesser !

Sandra ( Monts, France)
Il y a des gens dans les rues; ils sont pauvres, ils n'ont pas de maison ...
Je voudrais que pour l' an 2000 ,tous les jours il y ait des camions qui passent dans les rues et qui donnent un peu de pièces jaunes pour les nourrir et les couvrir.

Christopher (Monts, France)
Pour moi , la misère c'est voler la nourriture des gens! Il y a des enfants qui supplient leur mère parce qu' ils ont faim ,mais elle n'a pas assez d'argent.

Elodie ( Monts,France)
J'aimerais que les enfants guérissent , qu'on leur envoie à manger et des jouets ,qu'ils sortent de prison ,qu'ils aient des habits neufs. Je voudrais qu'ils deviennent mes amis et aller les voir, mais je ne peux pas alors je leur envoie cette lettre.

Aurélien ( Monts, France)
Je pense aux gens et aux enfants qui sont pauvres, malheureux, moches; ils meurent de faim de froid. Ils ont honte de se montrer! Heureusement qu'il y a des médecins qui les soignent gratuitement ! Mais il n'y en a pas beaucoup dans le monde.
J'espère que cela va cesser.

Alexandre ( Monts, France)
La misère est la chose la plus horrible sur terre. Les pauvres meurent de faim et de soif. Il faudrait quand même leur donner des vêtements et des abris. Il faudrait arrêter la guerre et donner de l'argent aux pauvres.

Jennifer (Monts, France)
La misère est quelque chose de triste, parce que les gens vivent dans la rue. Ils cherchent dans les poubelles, ils demandent des sous aux passants, ils ne peuvent pas se soigner. Leurs vêtements sont troués et ils n'ont pas de sous Ils sont sales et ne peuvent pas se laver. Les "restos du cœur " leur donne de la nourriture. Les mères ne peuvent plus nourrir leur bébé.

Anaïs (Monts, France)
Pour moi la misère c'est quelque chose d'horrible. J'aimerais que ça n' existe plus Je me demande pourquoi les gens font la guerre. Les gens riches pourraient donner de l'argent aux pauvres pour que la misère arrête. Je dis bravo à celui qui a inventé les "restos du cœur". Je n'aimerais pas vivre dans la misère. Les enfants "gâtés-pourris" de jouets pourraient aller dans les autres pays pour en donner un peu aux malheureux.

Nalyk (Monts, France)
La misère c'est grave car ça pose des problèmes à certaines personnes.
Il faut les aider pour qu'ils vivent! Qui qu'ils soient! Grands, petits, gros ou minces...

Audrey (Monts, France)
La misère c'est quand il y a la guerre. Les parents sont morts et les enfants sont tristes.
Il y en a qui sont perdus, qui pleurent.
Je me demande de quoi ils vont vivre...

Nils ( Monts, France)
Des gens qui n'ont pas d'argent, qui ne peuvent rien s'acheter, ni manger!
Ils ont des maladies et ne peuvent pas se soigner.

Céline (Monts, France)
Les gens S.D.F. ont très soif et très faim. Ils ne peuvent ni se nourrir, ni se loger. Ils n'ont pas assez d'argent pour se soigner et guérir. Alors j'aimerais que tout ça s'arrête et que vous trouviez une idée ,vous, les grands!

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Belgique

La Louvière - 17 octobre 1999

Message des parents

A toi, mon fils ou ma fille,
A toi que l’on juge souvent mal,
que l’on étiquette,
qui se sent souvent différent des autres,
Sache que nous tes parents,
nous espérons pour toi une vie saine,
sans tracas d’aucune sorte.

Nous voulons qu’on te respecte pour ce que tu es,
c’est-à-dire un enfant comme les autres.
Et tu dois pour cela à ton tour respecter les autres,
et eux te respecteront aussi.
Tu as parfois honte des conditions dans lesquelles nous vivons.
Tu voudrais inviter un copain ou une copine à la maison,
mais montrer aux autres l’endroit où tu vis n’est pas facile :
la maison est petite,
la place manque pour jouer,
et les tapisseries n’ont pas été refaites depuis longtemps.
C’est pourtant notre petit nid à nous.

Je sais aussi que notre aspect extérieur,
ou notre langage peut parfois te faire honte.
Aux réunions de parents à l’école,
nous sommes souvent moins bien habillés que les autres,
moins bien coiffés, et même se faire remplacer les dents, pour nous c’est un luxe.

Parfois cette honte te referme sur toi-même.
Parfois elle te fait exploser de colère.
Nous savons que, malgré tout cela, tu nous aimes beaucoup,
et dis-toi bien que cet amour est réciproque.
Pour toi, nous luttons au quotidien,
et c’est l’amour de notre famille qui nous donne des forces pour ce combat.

Ce qui nous importe le plus,
c’est que notre famille reste unie.
Dans les milieux plus favorisés,
personne ne s’occupe de ce qui se passe à l’intérieur des familles.
Chez nous, il suffit parfois d’une plainte d’un voisin
pour que la famille soit déchirée.

Il nous faut batailler pour garder notre famille entière.
On doit prouver que nous sommes des bons parents pour toi.
Ce n’est pas tous les jours évident,
car nous aussi, nous sommes parfois en colère,
et plus on en fait, moins les autres s’en aperçoivent.
Dans ce déchirement, c’est toi l’enfant qui en pâtit le plus,
car tu ne sais plus si tu peux encore nous faire confiance.

Nous restons parfois des mois, des années, sans te voir.
Même les lettres que nous t’envoyons ne te parviennent pas toujours.
Nous ne pouvons pas nous battre seuls,
nous avons besoin d’amis qui nous soutiennent,
qui croient en nous,
comme toi, tu as besoin d’avoir des copains et des copines.
Nous faisons le maximum pour que tu ne sentes pas différent des autres enfants.

Souvent, nous préférons laisser de côté une facture
pour que tu aies ton nécessaire,
une collation, un pique-nique,
ou même un bonbon à partager à l’école.
On voudrait bien que tu participes cette année aux classes vertes,
mais voilà, depuis la dernière visite de l’huissier,
c’est encore moins possible qu’avant.
Nous savons très bien que ces voyages permettent de mieux se connaître,
de se faire de nouveaux amis, mais cela, nous ne pouvons te l’offrir.

Garder la famille unie,
c’est aussi te permettre de voir tes grands-parents.
Mais pour cela, il faudrait qu’ils aient un logement autre que le petit garnis insalubre et très cher,dans lequel ils sont obligés de vivre.
Malgré ce chemin plein d’obstacles,

Nous voulons te dire combien nous sommes fiers et heureux de t’avoir comme enfant.
Rappelle-toi la première fête que tu as eue à la maison.
C’était parce que j’avais confiance en des amis,
et maintenant, tu fêtes chaque année ton anniversaire à la maison,
avec tes petits copains et copines de l’école.
Tu peux savoir combien je suis fière de pouvoir le faire.
Avant, quand tu avais des devoirs,
je ne pouvais pas t’aider,
car je n’ai pas été longtemps à l’école.

Mais maintenant,grâce aux moyens qu’on m’a donnés,
à la confiance qu’on m’a faite,
je peux te venir en aide plus facilement.
Tu es fière de pouvoir montrer les articles de journaux,
et le livre auquel j’ai participé.

Dans tes yeux, je la vois briller cette fierté,
quand tu sais que nous nous battons pour que tu aies les mêmes droits que les autres enfants,autrement dit : une famille, de quoi manger et boire,des loisirs, et surtout le droit à l’instruction.

Mais tout cela,nous ne pourrions pas le faire si tu n’étais pas toi,
avec tes qualités et tes défauts.
Mais rappelons-nous, sans amour rien n’est possible.

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GRAND DUCHE DU LUXEMBOURG

Messages des parents

I . Que souhaitons-nous pour l’avenir de nos enfants ?

… Nous souhaitons que nos enfants aient la chance de grandir auprès de leurs parents.
… Nous voulons qu¹ils réussissent à l¹école et qu¹ils apprennent un métier qui leur permette de mener une vie autonome.
… Qu¹ils ne connaissent jamais la prison et qu¹ils ne deviennent jamais des toxicomanes.
… Nos enfants devront avoir une meilleure vie que nous-mêmes.
… Au fond, nous souhaitons que nos enfants puissent mener une vie normale.

II. Nous voulons que les droits de l’enfant soient respectés.

1. Le droit à la famille

… Pour les enfants il est important qu¹ils ne soient pas séparés de leurs parents.
… Quand un enfant est placé en institution d¹éducation, les parents sont déchus de l¹autorité parentale. Dans ce cas, il faudrait trouver un moyen pour associer les parents à des décisions importantes pour l¹enfant.
… De nos jours, les parents ont besoin d¹une information bien compréhensible sur le développement des enfants. Nous nous demandons comment ce savoir pourrait trouver une meilleure diffusion parmi les familles.

2. Le droit au logement

… Il est difficile de trouver un logement quand on a des enfants. Les propriétaires n¹ont pas envie de louer un appartement à des familles ayant des enfants. En plus il est impossible de payer les avances de loyer exigées un peu partout.
… Un logement trop étroit n¹est pas favorable pour le bon développement de l'enfant.
… Nous voulons que tout enfant puisse vivre avec sa famille dans un logement décent.

3. Le droit à l’éducation et à la formation

… Nous faisons l¹expérience que les enfants ayant des difficultés d'apprentissage et les enfants issus de familles pauvres échouent à l¹école.
… Nous refusons une école du désespoir, mais nous voulons que l¹école soit espoir pour chaque enfant.
… Pour nos jeunes, l¹école de la deuxième chance nous semble un bon chemin et nous serions heureux de voir se réaliser cette idée.

Messages des enfants

"  Les enfants veulent un monde juste pour tous, avec eux refusons la misère "

DEBORAH, 11 ans
" Pour créer l’amitié et la paix, je voudrais que les gens se réconcilient tout de suite après une dispute.Pour que le monde soit plus juste pour tous, je voudrais que tout le monde partage avec ceux qui n¹ont rien, qu¹il n¹y a plus de guerre, que les parents ne font plus de mal aux enfants et que tout le monde soit content. "

GERMAN 12 Jahre
" Dat hei ass een message vun engem Kand aus dem Pérou:Unsere Eltern leiden, wenn sie sehen dass wir kein Haus haben, aber wir Kinder versammeln uns um zu spielen, zu lachen, zu zeichnen. So geben wir unseren Eltern Kraft.Wenn ich gross bin möchte ich Architekt werden, um allen Familien die leiden müssen, Häuser zu bauen. "

JENNIFER 14 Jahre
" Dat hei ass een Text vun engem Meedchen aus Lëtzebuerg: Ich hatte das Glück nach Los Angeles in die USA in Urlaub fahren zu können. Dort habe ich jedes Mal wenn ich in den Supermarkt gegangen bin arme Menschen gesehen, die in den Mülltonnen gewühlt haben. Ich möchte so gerne dass die Menschen diese Leute als menschliche Lebewesen behandeln, die etwas weniger Glück als andere haben. Wir leben in der gleichen Welt. Man muss sie zu teilen wissen. "

 

Traduction

German- 12 ans
Ceci est un message d'un garçon originaire du Pérou.

" Nos parents souffrent lorsqu'ils voient que nous n'avons pas de maison mais que nous, les enfants, nous nous rassemblons pour jouer, rire et dessiner. Cela réconforte beaucoup nos parents.
Lorsque je serai grand, je voudrai devenir architecte afin de construire des maisons pour tous les gens qui souffrent. "

Jennifer- 14 ans

Ceci est un message d'une jeune fille de Luxembourg.

" J'ai eu la chance de partir en vacances aux Etats-Unis, à Los Angeles. Là-bas, je suis allée une fois dans un supermarché où j'ai vu des gens pauvres qui fouillaient dans de grandes poubelles.
Je voudrais tant que les hommes considèrent ces gens comme des êtres humains qui ont moins de chance que les autres.
Nous vivons dans le même monde, sur la même terre. Nous devons savoir partager. "

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BURKINA FASO

Témoignage d'enfants d'une classe de CM2

Dans notre village, et aussi dans les autres villages, nous connaissons des enfants qui n'ont pas assez à manger dans leur famille, parce que les parents sont pauvres.

S'ils n'ont pas assez pour manger, ces enfants vont ramasser du bois dans la brousse. Ils savent que ce n'est pas bon de couper les arbres, mais ils n'ont pas le choix.

Puis ils cherchent des charettes à prêter et ils tirent les charettes de bois avec un âne jusqu'à Ouagadougou, ce qui fait 55Km ! Là, ils vendent le bois pour gagner un peu d'argent. Au retour, ils achètent du mil qu'ils donnent à leur famille. Ces enfants s'appellent Rasmané, Tibila, Moussa, Michel, Raogo, Séni, Jean Paul, Amidou, Issaka, Salam...

Il y a aussi Rasmata, qui est une petite fille, mais elle travaille déjà comme une femme : elle aussi vend le bois, et chaque jour, elle écrase le mil pour préparer la nourriture pour sa famille. Un jour, son père était malade, mais il n'y avait pas d'argent pour le soigner, alors il est mort et l'a laissée seule avec sa mère. Comme tous les enfants orphelins, elle ne se décourage pas, et elle continue de travailler pour aider à nourrir sa famille.

Parfois, la misère est très dure. Par exemple, il y a Issa, qui était devenu malade, et il n'y avait plus personne dans sa famille pour pousser du bois jusqu'à Ouagadougou. Alors la famille a dû s'enfuir dans un autre village. C'est dur parce que hors de son propre village, on ne se sent pas chez soi.

Ce sont des enfants qui souffrent beaucoup, mais ils sont des bons lutteurs pour leur famille et ils aident les autres quand ils peuvent.

Comme la mère de Raogo , nous pensons que ces enfants vont être des enfants de demain et ils sont nos amis.

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Sénégal

Messages d’enfants, pour le 17 octobre 1999

Nous, les enfants, nous savons que nos parents luttent chaque jour pour les besoins de la famille.
Nous essayons de faire tout notre possible pour soutenir nos parents :
nous qui n'allons pas à l'école, nous essayons d'être proches d'eux pour les aider dans les tâches quotidiennes...
"Ma mère est très fatiguée, des fois elle n'a rien à manger. J'ai pitié de ma maman. Mon père âgé travaillait ; maintenant il est à la retraite et il n'y a personne pour l'aider. Le père et la mère de ma mère sont décédés, toute la famille de ma mère est décédée. Ma mère s'occupe aussi de 2 cousins (dont la mère est morte à leur naissance), c'est ma mère qui leur a donné le sein. Une cousine les aide."
"Ce qui me fait mal, c'est de voir ma mère fatiguée, mon père âgé. J'allais à l'école mais ma mère n'avait pas d'argent pour acheter les fournitures ; 2 jours après, on m'a chassée de l'école... Les enfants rient de moi parce que je ne vais pas à l'école, pourtant j'aimerais tant que l'on m'aide à y retourner. Ma tante est fatiguée, elle est handicapée, mon oncle mendie. Si j'allais à l'école, et que je gagnais de l'argent, je leur achèterais une voiture. D'être dans la rue me fait mal, je voudrais aller à l'école, c'est un droit, l'éducation c'est important. Je voudrais sortir mes parents de la misère. Si on m'aide, je travaillerai pour avoir mon bac, et j'amènerai mes parents à la Mecque."
Nous qui sommes en apprentissage, nous essayons de faire de petites choses dans les métiers que nous apprenons, comme de récupérer des chutes de bois pour fabriquer des petits bancs, ou des chutes de tôles pour fabriquer des fers à repasser ou bien encore par notre travail en boulangerie nous permettons à nos mamans de recevoir une ration quotidienne de pain.
Nous qui sommes à l'école, nous savons bien que nos parents ont beaucoup de difficultés pour acheter les fournitures scolaires, aussi nous faisons tout notre possible pour bien travailler à l'école, nous voudrions les remercier plus tard de tout ce qu'ils ont fait pour nous.
Nous qui avons fui la maison, pour différentes raisons, nous n'arrivons pas à quitter ces mauvais chemins et pourtant nous savons les dangers que nous encouront mais nous nous sentons tellement seuls, tant de gens nous fuient... nous respectons cependant les adultes qui nous parlent en vérité, au point de les appeler "mamans" ou "tontons"...
Nous savons qu'il est important d'avoir des amis, de vrais amis.
Quand on a des amis, les enfants sont ensemble, on joue ensemble, on est solidaires.
Quand on a un ami, on peut lui confier ses problèmes et s'il le peut il nous aidera.
Quand on a un ami, il peut nous réconforter quand on est malheureux.
Quand on a un ami, on partage avec lui le peu d'eau que l'on a lorsqu'il a soif.
Quand on a un ami, on lui donne des conseils pour qu'il ne parte pas sur de mauvais chemins.
Quand on a un ami, on fait de bonnes choses ensemble, et on entraîne les autres à faire de même ; alors que lorsqu'on fait de mauvaises choses cela nous écarte de la famille.
Quand on a un ami, il faut être sincère.
Quand on a un ami, on veut que l'amitié dure toujours et c'est l'entente, la solidarité et la sincérité qui font que cela dure.
"Nous voudrions que tous les enfants estiment leurs parents même lorsqu'ils n'ont pas de moyens pour les aider à réaliser leurs rêves. Et que les parents trouvent eux aussi de vrais amis pour ne pas être seuls face à leurs soucis."

Stéphanie, 12 ans

A tous les enfants du monde entier et surtout les enfants qui sont dans les pays en guerre

J’ai souvent entendu le mot " misère " mais je ne savais pas ce que cela signifiait. Je n’ai jamais pensé que la pauvreté existe. J’ignorais la pauvreté parce que je ne suis pas née dans une famille pauvre. Je mange bien, je porte de beaux habits. Je vais à l’école tous les jours sans me rendre compte des enfants qui sont dans la misère. (...)
Avec les images des pays en guerre, je vois des enfants qui meurent, qui perdent leurs mains, leurs pieds, leurs parents qui souffrent des méfaits de la guerre et cela me touche beaucoup.
Tout cela m’a poussée un jour, alors que ma soeur dormait, à voler du riz pour donner aux Talibés. Si un jour je possède les pouvoirs en Afrique, si je ne peux pas empêcher les guerres, je ferai en sorte que les enfants puissent échapper aux conséquences. Je souhaite que les gouvernements africains arrêtent les tueries, les guerres, l’injustice, pour sauvegarder la vie humaine.
J’aimerais que mon message soit entendu à l’O.N.U. et partout où il y a la guerre, l’injustice,...

Catherine, 16 ans

Pour les enfants du monde entier

La misère, la pauvreté, la souffrance des enfants que j’entends, que je vois à la télévision, me touchent vraiment. Je ne connaissais que la pauvreté, c’est ma tante qui m’a expliqué le mot misère. Depuis ce jour, j’ai pensé aux enfants du Rwanda, Burundi et autres pays en guerre, en famine. Pour moi, je voudrais que tous les enfants dans ces pays où il n’y a pas la paix, la joie, le sourire, où ils n’ont plus le droit de jouer, qu’ils retrouvent la paix et leurs enfants généreux auprès de leurs parents.
J’invite tous les croyants à prier pour eux afin que Dieu leur accorde la grâce.
Je voudrais que chaque trois mois, tous les enfants Sénégalais écrivent un livre de 5 pages au moins venant de notre idée envers la pavreté, la misère, la richesse et surtout la joie.

Message pour les Mères

Notre grand rôle de maman dans l’avenir des enfants est d’écouter, de parler avec les enfants, leur donner la parole à la maison et ailleurs (école, groupe).
Chaque matin comme chaque instant, nous pensons " Qu’est-ce que je vais faire pour mes enfants ? ", " Qu’est-ce que je vais donner à mes enfants ? ". Ce sont nos soucis quotidiens. Je pense que les enfants ont un rôle très important dans nos soucis, car ils ressentent ces soucis que portent leurs parents.
Partager ouvertement nos soucis avec les enfants, c’est les libérer de cette charge qu’ils portent de nous. Le peu de nourriture qu’on a gagné, on le donne aux enfants. Ils voient que les parents n’ont rien à manger. En parlant avec l’enfant, il sera fier de savoir ce partage avec lui, l’amour qu’on a pour lui. Il sourira. Un enfant qui a faim, pleure et souffre, tandis qu’une grande personne souffre de faim. Le thème du 17 octobre 99 nous invite à dialoguer plus avec nos enfants, leur donner la parole, les écouter. C’est là qu’il y aura un monde pour tous et avec eux, de ce qu’ils vont nous partager, nous donner la joie, le courage. C’est une fierté dans la famille que de surmonter nos soucis.

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Les Messages, Appels et Déclarations officielles de 1999


Message on the International Day for the Eradication of Poverty

17 October 1999

Mark Malloch Brown - Administrator

United Nations Development Programme

 

Today, as we mark the International Day for the Eradication of Poverty, we must take stock of where we stand and where we need to move forward in the years ahead. The 20th century brought much progress, not the least the remarkable success in the fight against poverty and human deprivation in many parts of the world.

Life expectancy has increased more than at any other time in history. The opportunities and choices available to many increased dramatically in this century allowing them to live healthy lives, to learn, to work and to create. And with the spread of democracy and political freedom to over 60 percent of the world_s countries in the past two decades, more people than ever can now participate in the political decision-making processes of their countries.

But we are also acutely aware that we are now losing ground. Our goal of halving poverty by the year 2015 is receding fast. Inequality within and between countries is increasing. The HIV/AIDS epidemic has cut deeply into life expectancy gains in many countries. Destruction of the environment continues unabated, threatening the natural resource base on which the majority of the world_s poor depend for their livelihoods. And the spread of civil and international conflict is tearing at many societies, frequently in the poorest and least developed countries.

Through the 1990s United Nations conferences the world community reached a common understanding on what must take place in the years ahead if we are to successfully promote sustainable development and create a world where men, women and children may live in peace and security. The goals and benchmarks are in place for education, environment and development, population growth, women_s progress, social development and poverty reduction. We must now set aside old thinking about how we reach those targets and join together in our globalizing world. We must break out of the moulds, build new partnerships, mobilize the resources required and make development cooperation deliver on its promise.

The new consensus on the centrality of poverty reduction to the success and sustainability of development efforts is such a mould-breaker. Both the IMF and the World Bank have joined to put poverty eradication at the very top of the development agenda. Key international public resources are now fully committed to the alliance against poverty. And debt relief for the poorest countries may soon become a reality allowing them an opportunity to invest in human development and poverty reduction.

This consensus on the need for a more comprehensive approach to development with a focus on human development, sound macroeconomic frameworks, institution building and good governance provides us with an opportunity to build more effective partnerships within a framework of country-driven development co-operation. We must seize upon the ground-breaking opportunity this consensus offers and ensure that the momentum towards action will not be lost.

NetAid, described by some as a yellow pages for development and humanitarian efforts, is another mould-breaker. Through this website a new constituency of people will be networked together by a common concern for the state of our world. Already, since its launch on 8 September we have had millions of hits and hundreds of non-governmental organizations have registered and linked to the site.

NetAid, however, is only a beginning. We must continue our efforts to ensure that the developing world benefits from the information technology revolution. Through pilot projects in countries such as Bhutan, Egypt and Mongolia we have already seen how the Internet can work as a tool empowering the poor, giving access to vital information and enabling communication. The potential is tremendous and we must work in partnership with the private sector to direct investment in IT for development and poverty reduction.

A third area in which we must seek to break through involves international capital flows. These capital flows, which in the past decade have far exceeded official development assistance, can potentially play a constructive role in support of development and poverty reduction efforts in developing countries. However, only some 20 developing countries have received substantial amounts of foreign capital and we must seek to develop incentive structures that will secure investments _ both capital and direct investments _ for countries that have worked hard to create the right policy environments but who have been all but by-passed by international capital flows.

UNDP is committed to strengthened partnerships with programme countries to help them realize their development and poverty reduction goals. In this endeavor we must continue to vigorously promote human development, not through our funds alone as they are limited, but though our advocacy and knowledge and information. Our Human Development Report, and the regional, national and local human development reports that are now being produced by the hundreds, are valuable tools in this effort, providing crucial inputs for informed decision-making. We must make sure that they continue to prod the global debate on poverty reduction.

We must focus on institution building and good governance offering policy advice to programme countries that will show the options available to them as they formulate their development strategies. We must also strengthen our role in conflict and post-conflict situations and help countries manage their transitions to durable peace and sustainable development.

We also will continue our work to ensure better coordination of aid and we will concentrate on helping developing countries mobilize resources in support of their development and poverty reduction objectives.

Today, we must move ahead decisively. We will reach out to our partners _ old and new _ and work together with the poor to find solutions to meet their needs. Above all, now is the time to seize the momentum to realize our common goal of eradicating poverty

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17 octobre 1999 - Jardins du Trocadéro - Paris - Message final de Monsieur Paul Bouchet ATD Quart Monde - Président du Mouvement France

De partout, en cette fin de siècle et dans l’attente d’un nouveau millénaire, monte une interrogation essentielle :

" Comment laisser derrière nous, après le rejet de l’esclavage et de l’apartheid, le plus grave des fléaux qui atteint l’humanité, cette misère qui, chaque jour, dans la monde entier, tue plus que les guerres et les maladies les plus meurtrières ? "

" Comment faire advenir ce monde plus juste et plus beau pour tous dont rêvent les enfants ? "

Au terme de cette journée symbolique, nous ne pourrons nous séparer sans apporter notre réponse aux hommes, aux femmes et aux enfants de ce quart monde qui nous ont témoigné de façon si digne, à la fois de leurs souffrances et de leur espérance.

Et cette réponse ne peut être qu’un engagement.

Un engagement civique, car le premier devoir de tout citoyen est de lutter pour que les droits les plus fondamentaux - à des moyens convenables d’existence ; à un logement décent ; à la protection de la santé ; à l’éducation ; à la formation et à la culture ; à une égale justice ; à une vie familiale normale - soient effectivement garantis à tous.

Un engagement concret, qui implique à la fois notre action auprès des pouvoirs publics à tous les niveaux et notre comportement personnel dans la vie quotidienne, dans notre quartier, sur notre lieu de teavail, à l’école de nos enfants, dans nos associations, nos syndicats, nos mutuelles.

Un engagement fraternel, face à la montée de la violence, aux attitudes de mépris ou de repli égoïste, pour animer par une véritable chaleur humaine l’incessant combat pour le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains.

Tel est le sens de l’Appel aux citoyens que nous lançons ce jour et en ce lieu pour que cesse le déni des droits de l’homme que représente la persistance de la misère et pour unir toutes les volontés dans l’accomplissement de ce qui est plus que jamais de notre devoir sacré.

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Discours de Monsieur FEDERICO MAYOR, Directeur général de l' Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) au Trocadéro, à Paris, le 17 octobre 1999 à l'occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère

Non à la violence ! Il y a si longtemps que de si nombreux hommes et femmes de bonne volonté crient ce refus à la face de la guerre, de l’intolérance, de l’extrémisme, que ces maux auraient dû disparaître, bannis de la Cité. Ils sont pourtant encore là et frappent chaque jour davantage.

Et la misère est une des plus grandes expressions de la violence.

Monsieur le Secrétaire exécutif

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

 

Vous savez avec quel intérêt je suis depuis toujours le combat que vous menez contre le malheur et je remercie ATD Quart Monde d’avoir tenu à m’associer à cette cérémonie en tant qu Directeur général de l’UNESCO, mais aussi à titre personnel.

Je suis d’autant plus sensible à cette reconnaissance de notre " compagnonnage " qu’il s’agit aussi de commémorer la Convention internationale sur les Droits de l’Enfant, l’un des textes les plus importants adoptés par les Nations Unies, ces dernières décennies.

Enfin, la Journée Mondiale du Refus de la Misère, le 17 octobre de chaque année, est pour vous, pour nous, l’occasion de nous souvenir - et les paroles du Père Joseph Wresinski, que nous venons d’entendre à nouveau, n’ont rien perdu de leur justesse et de leur résonance. De nous souvenir, mais aussi de nous engager, de réaffirmer notre engagement, notre détermination, notre espoir.

Oui, notre espoir, car envers et contre tous les obstacles, les échecs et les doutes, nous sommes ici réunis pour signifier que nous continuerons à dire " non ", à nous révolter et à construire, jour après jour, le pacte civil dont nos sociétés ont besoin pour que chacun puisse y vivre dans la paix et dans le bien-être.

Plus de 800 millions d’êtres humains affamés aujourd’hui. Plus de 800 milliards de dollars dépensés en armements l’an dernier. D’énormes investissements dans la force, la contrainte, l’écrasement des faibles par les puissants, des démunis par les nantis. Mais peu, très peu d’argent, pour la solidarité, la justice, le partage. Très peu d’argent pour que soient honorés les engagements pris en faveur de l’éducation, de l’environnement ou du développement endogène.

Il faut, d’urgence, investir autrement. J’ai proposé à l’Assemblée du millénaire, qui aura lieu à New York, au siège de l’Organisation des Nations Unies, en octobre 2000, quatre nouveaux contrats : un nouveau contrat social, un nouveau contrat naturel, un nouveau contrat culturel et un nouveau contrat moral. Ces quatre contrats devraient aboutir à un Plan mondial du développement endogène.

Je lance un appel à tous les parlements et à tous les médias - cette voix de tous les " sans voix " - pour qu’ils réclament l’adoption d’un tel plan mondial et la création, dans l’immédiat, d’un fond mondial de solidarité destiné à combattre, pour les vaincre à terme, la misère et l’exclusion.

La misère signe l’échec des gouvernements, des sociétés, de la démocratie nationale et internationale. Elle est aussi un échec des religions et des Eglises. Oui, il faut mobiliser les fidèles pour que, se souvenant chaque jour de la Crèche et de la Croix, ils soient plus généreux envers leurs frères et soeurs. Oui, il faut mobiliser les démocrates - s’ils ont vraiment la conviction que, aux termes de l’Article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme, " les hommes naissent libres et égaux " - pour que des mesures politiques soient prises et des sommes plus importantes investies dans la santé, dans l’alimentation, dans l’éducation, au détriment des investissements gaspillés dans les armes ou dans des biens de consommation superflus. Oui, il faut mobiliser les plus riches - qui, souvent, ne cessent de s’enrichir - pour qu’ils investissent dans la solidarité... et deviennent ainsi plus sereins, plus heureux de vivre.

Il faut aussi inviter les entreprises géantes, résultats de mégafusions, et les empires transnationaux, à donner à la solidarité, accroissant ainsi la stabilité qu’un meilleur partage implique. Il faut enfin pousser les Etats, et notamment les plus puissants d’entre eux - qui s’engagent de nouveau dans des dépenses destinées à leur permettre de gagner des guerres - à explorer des solutions préventives moins coûteuses et plus satisfaisantes.

Ainsi, nous pourrions sans doute regarder et voir naître un sourire dans les yeux des enfants...

Chers amis,

L’intelligence regarde ; le coeur voit. Nous voyons et nous sentons. Chacun d’entre nous peut agir, grâce à son comportement quotidien. Chacun, y compris les enfants. Si nous en sommes persuadés et agissons en conséquence, l’an 2000, proclamé, sur la proposition de l’UNESCO, Année internationale de la Culture de la Paix par l’Organisation des Nations Unies, marquera pour l’humanité le nouveau départ auquel nous aspirons.

Je remercie ATD Quart Monde et lui confirme que nous ferons en sorte qu’ " aucune voix ne reste silencieuse ", qu’ " aucune porte ne reste fermée ".

Nous nous engageons ! Pour nous engager, soyons conscients et vigilants au quotidien. Pratiquons le refus du superflu au quotidien. Luttons contre la misère au quotidien. Aimons, aimons davantage au quotidien.

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Message de Madame Marie-Thérèse Hermange, Député européen, au nom de Madame Nicole Fontaine, Présidente du Parlement Européen, à l'occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère. Le 17 octobre 1999

En cette Journée Mondiale du Refus de la Misère, je voudrais adresser un message d’espoir à tous les enfants qui s’interrogent sur leur place dans cette société dont ils se sentent exclus pour n’avoir pas d’autre perspective que les difficultés de leur quotidien.

Comment accepter, en effet, à l’aube du XXI ème siècle, que des enfants, dans tous les pays du monde, soient privés de ce qui constitue leur essence même, l’insouciance ? Comment ne pas voir la souffrance de ceux qui n’ont plus les repères, la protection et l’aide de leur famille plongée dans la précarité et dévalorisée à leurs propres yeux ? Comment ignorer le cortège silencieux des enfants-victimes que voudrait cacher l’illusion collective de vivre à l’époque de l’enfant-roi ?

Nous célébrons, cette année, le dixième anniversaire de la Convention internationale relative aux Droits de l’Enfant, adoptée par l’Assemblée générale de l’O.N.U. le 20 novembre 1989.

Mais, au-delà des droits qui leur sont reconnus, les enfants ont aussi et surtout besoin d’être fiers de leurs parents, de croire en leur avenir et en celui de la planète que nous leur léguerons, d’épancher leur soif de connaissances et de découvertes.

Le droit à un niveau de vie décent est une condition d’exercice de tous les autres, et l’épanouissement d’un enfant mérite une attention toute particulière.

Pourtant, dans l’Union Européenne, 14% des enfants vivent dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ils sont les premiers et les plus touchés par la pauvreté, la proportion d’enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté étant sensiblement supérieure à celle de l’ensemble de la population (11%).

En France, 1,5 million d’enfants vivent en situation de grande pauvreté.

Au nom de la Présidente du Parlement Européen, Nicole Fontaine, permettez-moi de m’adresser à ces enfants et à ces jeunes qui seront l’Europe de demain, pour leur dire que nous portons aussi leur voix en Europe et que nous oeuvrons à construire une Communauté de personnes et non une Communauté à finalité économique.

Il est temps que l’Union européenne acquiert un peu " de coeur et d’âme ", que les traités européens reconnaissent les valeurs fondatrices de l’Europe, encouragent la solidarité humaine plutôt que la solidarité purement institutionnelle, fassent référence à l’homme en tant que tel et non à l’homo economicus.

C’est en ce sens que le Parlement Européen a voulu prêter une attention particulière à la situation des Enfants en Europe, et que sa Présidente m’a chargée d’une mission destinée à faire progresser la prise de conscience des institutions communautaires en matière de protection de l’enfance.

" Nos enfants, c’est notre éternité " soutenait Robert Debré ; il nous appartient désormais de nous montrer dignes de la confiance que ceux-ci placent en nous et d’endosser la responsabilité collective que nous avons à leur égard.

 

 

Madame Marie-Thérèse Hermange - Député Européen - Vice Présidente de la commission de l’emploi et des affaires sociales - Chargé de Mission pour la protection de l’Enfance au Parlement Européen

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Message de Monsieur Boutros Boutros-Ghali Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie, à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère

Paris, le 17 octobre 1999

Mesdames et Messieurs,

Au moment où vous célébrez la Journée mondiale du refus de la misère, je tenais à vous dire que mes pensées sont aujourd'hui tournées vers vous toutes et vers vous tous.
En disant cela, je pense singulièrement à l'engagement admirable qui fut celui du Père Joseph Wresinski. Je pense aussi, au combat permanent que vous menez dans son sillage.
J'ai eu l'occasion de vous le dire à plusieurs reprises, tant au siège des Nations Unies qu'au Bureau international du Travail de Genève. Mais je tiens à vous le dire une fois encore aujourd'hui, en mon nom personnel, et au nom de l'Organisation internationale de la Francophonie dans son ensemble: vous pouvez être fiers de l'action que vous menez au service des plus démunis.
Parce qu'en tendant la main à ceux qui souffrent de par le monde, parce qu'en rappelant inlassablement à la conscience de la Communauté internationale ce premier de tous les Droits qu'est le droit à la dignité humaine, vous apportez aux damnés de la terre le réconfort dans l'instant et l'espoir en l'avenir.
Mais votre célébration revêt, aujourd'hui, une importance toute particulière. Car au moment où nous nous apprêtons à fêter le dixième anniversaire de la Convention relative aux droits de l'Enfant, c'est autour des enfants que vous avez choisi de vous rassembler. Et nous savons bien que la misère, lorsqu'il s'agit des enfants, s'exprime de la façon la plus violente, la plus injuste et la plus révoltante qui soit.
Je pense à ces 12 millions d'enfants qui chaque année n'atteindront pas l'âge de cinq ans, faute d'une nourriture suffisante ou de soins adaptés.
Je pense à ces centaines de millions d'enfants privés de l'accès au savoir.
Je pense à ces enfants mutilés, broyés dans leurs chairs par la plus lâche et la plus insidieuse des armes. Je veux dire les mines antipersonnelles.
Je pense à ces enfants devenus des soldats automates et voués à une mort certaine.
Je pense, enfin, à ces enfants qui, au Nord comme au Sud, vivent sous la tyrannie des mauvais traitements, des brutalités physiques et de la violence psychique.
C'est pour toutes ces raisons que nous devons inlassablement poursuivre l'œuvre déjà accomplie.
C'est aux enfants d'aujourd'hui qu'il reviendra d'assurer la pérennité et la survie de la société de demain. Mais la pérennité de nos sociétés dépendra, d'abord, de la faculté des adultes que nous sommes à transmettre nos cultures, nos idéaux et notre vision du monde. Une vision du monde dans laquelle les enfants ont la place qu'ils sont en droit d'attendre et que nous sommes en devoir de leur donner.
Je voudrais vous livrer un message d'espoir. Cet espoir, c'est aux jeunes générations que nous le devons. A leur volonté farouche de combattre l'injustice, de lutter, ensemble, pour un monde plus solidaire, plus fraternel, plus pacifique.
C'est cette jeunesse que je veux, en terminant, saluer et remercier à travers vous!

Boutros Boutros-Gahli.

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Message de Mme Alwine A. de Vos van Steenwijk, Présidente du Mouvement International ATD Quart Monde, le 17 octobre 1999, à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère.

" S'unir est un devoir sacré... "

Si une parole du Père Joseph pouvait résumer sa personne et ce pourquoi il a vécu, si une parole pouvait aussi résumer le projet que le Père Joseph nous confie pour le nouveau millénaire, n'est-ce pas cette parole-là ?
L'union entre tous les hommes, sacrée, c'est-à-dire d'une valeur absolue.
L'union pour mettre fin à la misère, et, par là, fonder enfin la paix.
Est-il sur cette terre un homme, une femme, un enfant, quelle que soit leur appartenance religieuse qui n'ait pas, en cette année plus que jamais, porté en lui, en elle, le rêve, la volonté que l'humanité apprenne enfin à vivre l'amour.
Cet amour qui mette fin à la violence, à la famine, à l'ignorance, à l'exclusion, à la misère qui est la somme, la conséquence finale de tous ces fléaux.
L'année 2000 proclamée par les Nations Unies " Année internationale pour la culture de la paix " serait vaine si elle n'était pas fondée, justement, dans l'amour de l'autre, qui n'est pas simplement tolérance, indulgence ou même respect mais amour passionné qui veut que l'autre devienne plus grand que moi.
La paix, la justice, donc le refus de la misère, le Père Joseph n'a pas cessé de nous le dire sont d'abord non pas affaire de loi, ni même de culture ; ils sont affaire de coeur, affaire d'une spiritualité vivante qui inspirera nos lois et toute notre culture.
" Le vrai cri des familles dans la misère ", nous demandait le Père Joseph, " n'est-il pas d'abord celui-ci: "Comment ont-ils eu le coeur de nous blesser, de nous mépriser, de nous humilier, de nous faire sentir sans arrêt que nous étions des moins que rien?"

Alors , aujourd'hui, en cette journée du refus de la misère fondée par le Père Joseph, n'est-ce pas ceci que nous promettons à ces enfants qui viennent de nous exprimer leur volonté de changer le monde, - et nous le promettons à travers eux à tous les enfants du monde- : que nous emporterons dans le millénaire qui vient et dans toutes les années internationales que les Nations Unies y proclameront, que nous y emporterons pour la faire durer cette volonté de réconcilier la justice et l'amour.
Parce que sans amour, sans vie du coeur, sans spiritualité, toute culture, toute paix, toute justice sont vouées à périr.
Parce qu'il leur manque la seule chose qui puisse les faire durer, à savoir l'amour d'hommes, de femmes, d'enfants qui fassent de la paix, de la justice, de la culture qui les porte, leur affaire personnelle, la cause de leur vie personnelle.
C'est ce que nous apprend le Père Joseph Wresinski qui savait d'expérience et de foi que " au fond du coeur de tout homme, la justice ne s'endort jamais ".

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Déclaration de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix à l'occasion de la journée de refus de la misère, le 17 octobre 1999

REFUSER LA MISÈRE : UN DÉFI POUR LES RELIGIONS

Refuser la misère, vaincre l'exclusion : un défi humain et social. Paradoxe d'aujourd'hui : une solidarité admirable côtoie une exclusion grandissante. Mais au delà du droit des exclus, au delà de la compassion, l'exclusion est aussi un défi pour les religions. Un défi qui se présente sous un jour nouveau : celui de la pluralité religieuse. Les religions se sont souvent opposées, dialogueront-elles pour le relever ?

Nous n'acceptons pas le regard porté sur les plus pauvres qui met en doute, qui culpabilise et qui considère la misère comme une fatalité. Nous n'acceptons pas la concurrence et la compétition économique comme seule règle. Le respect de la personne et l'estime de soi ne se fondent pas sur la réussite sociale et matérielle. L'exclusion commence déjà dans notre façon de voir les personnes et les situations. Nous pensons que la misère n'est pas une fatalité qui nous dépasse.

Les religions nous rappellent avec force la valeur de toute vie humaine, ses potentialités et l'importance de donner de bonnes conditions pour leur réalisation. Elles invitent à porter un regard aimant sur le pauvre, l'exclu, l'opprimé et nous rappellent instamment au devoir essentiel de solidarité et de justice. Militants et exclus, en douterions-nous ? Plus particulièrement aujourd'hui, elles nous invitent à une fraternité interculturelle, dépassant les frontières sociales et religieuses.

Les lignes de fracture sont plus nombreuses aujourd'hui : la pauvreté n'est pas seulement matérielle et sociale, elle peut aussi être psychique, culturelle ou religieuse. On jugera nos communautés à la place qu'elles font aux plus fragiles.

Nous nous engageons à oser franchir plus de barrières, à construire des ponts avec ceux que nous ne rencontrons pas habituellement dans notre communauté religieuse, notre quartier, notre ville, et à découvrir la richesse de leur expérience, de leur regard, de leur humanité.

Face à l'exclusion, nous disons notre volonté et notre conviction, à la fois comme individus, comme communautés et dans une démarche interreligieuse commune. Chacun à notre manière nous recherchons force et confiance, imagination et courage pour envisager l'avenir avec celles et ceux qui sont exclus, ainsi qu'avec les responsables sociaux, politiques, religieux, les militants, les citoyens, bref tous ceux qui oeuvrent pour faire reculer la misère et construire la paix.

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Message de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française

Mes Chers Amis,

Vous le dites depuis toujours, combattre la misère c'est d'abord et avant tout lutter pour la dignité de l'homme.
La pauvreté, le dénuement, le chômage de longue durée ce sont bien sûr des difficultés matérielles à surmonter, parfois dans l'urgence, des problèmes de revenus, de logement, de santé, de travail. Mais la pauvreté c'est aussi la détresse, la solitude, la dépréciation de soi-même, la perte de confiance. Et c'est, parfois, la fin de l'espérance, l'abandon, le renoncement.
Vous savez d'expérience qu'il n'est pas de solidarité humaine efficace sans l'engagement d'hommes auprès d'autres hommes, qu'il n'est pas de fraternité agissante sans cette main tendue qui rattrape celui qui tombe, une main ferme et amicale qui l'emmène là où il ne peut plus aller seul.
Je voudrais vous exprimer au nom du peuple français toute ma sympathie.
Je voudrais vous apporter mon soutien personnel, vous dire mon engagement, vous exprimer mes encouragements. Dans ce combat qui donne sens à votre vie, vous savez que je suis à vos côtés.
Face aux difficultés de l'existence, face à l'exclusion, partout où se distend le lien social, partout où même la famille cède sous les coups de la vie, la fraternité doit retrouver un visage, elle doit retrouver un sourire, un regard, ce regard dans lequel celui qui souffre peut lire l'amitié, l'estime, la reconnaissance, un regard éloigné de toute condescendance, un regard qui donne envie de se remettre en mouvement, de se sentir de nouveau pleinement homme, de partir à la reconquête de soi-même.
Ce visage, ce sourire, ce regard, c'est celui de chacun d'entre vous. Votre cause est celle de tous les hommes de bonne volonté qui ne se résignent pas à la dureté de notre monde, un monde qui n'a pas toujours réussi à transformer sa prospérité en moyen d'éliminer l'exclusion, quelle qu'en soit la forme.
En faisant appel à l'engagement de chacun, l'engagement de celui qui donne bien sûr, mais aussi l'engagement de celui qui reçoit, en ayant compris très tôt que le chemin de la dignité passe par la responsabilité retrouvée et pas seulement par l'assistance, vous avez ouvert une voie nouvelle.
Puissez-vous être compris et entendus par tous ceux qui sont à la recherche d'une fraternité plus concrète et plus vivante! Dans notre monde, le temps donné aux autres, l'écoute qui leur sera accordée, le soin mis à les comprendre compteront plus que toute autre forme d'aide. C'est dire que le combat contre l'exclusion doit plus que jamais devenir celui de chaque Français, aux côtés des acteurs du mouvement associatif. Vous pouvez compter sur eux.
Je souhaite que cette journée mondiale du refus de la misère, la dernière avant l'an 2000, soit celle de la prise de conscience, de l'action et des succès partagés.

Jacques Chirac

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ONU New-York: Témoignage de Madame B.

Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est parce que la pauvreté viole les droits des êtres humains. Nous rejoignons les enfants qui disent non à la pauvreté. Mais rejoindre les enfants très défavorisés sous-entend de rejoindre aussi les parents. Cela implique de soutenir tout effort qui améliore la vie de leurs enfants.
Je voudrais vous faire partager quelques mots de Madame V., une maman, tout comme moi. Cette maman est membre d'ATD Quart Monde en Asie. Voici ses propos:

" Je veux que mes enfants aillent à l’école, non seulement parce que c’est un devoir de parents, mais parce que je ne veux pas que mes enfants endurent ce que j’ai vécu.
Je suis souvent allée à l’école le ventre vide et la faim qui me tiraillait. Je ne pouvais pas faire entrer les leçons dans ma tête. J’ai arrêté d’aller à l’école.
Mais on ne vous respecte pas si vous n’avez pas de connaissance. On ne peut pas parler avec les gens qui ont de l’éducation. On a peur qu’ils vous prennent pour quelqu’un d’idiot.
Mais comment peut-on devenir intelligent quand on peut échanger uniquement à l’intérieur de son propre milieu, avec des personnes pauvres qui n’ont pas été beaucoup à l’école non plus ?
Je veux que mes enfants aillent à l’école parce qu’ils y apprennent des choses que je ne pourrai pas leur enseigner.
Je suis heureuse de voir qu’ils apprennent à respecter leurs parents, leurs frères, leurs soeurs, et les autres également.
Mes deux garçons ont l’habitude d’aider leur père dans son travail de ferrailleur. Parfois, ils trouvent de vieux stylos, des blocs-notes à moitié usagés, et ils savent comment les réutiliser.
Je veux que mes enfants aillent à l’école. C’est une question d’honneur pour
moi.
Pourtant, la semaine passée, je n’ai pas pu les envoyer à l’école. Je n’avais rien à leur donner à manger et je n’avais pas d’argent non plus pour qu’ils puissent payer leur déjeuner.
On ne peut pas emprunter chaque fois à quelqu’un pour se payer à déjeuner : j’avais déjà honte de sortir et de devoir affronter les personnes à qui je dois de l’argent.
Lundi prochain, les enfants pourront retourner à l’école. "

Lorsque j'écoute ce que dit Madame V., j'ai le sentiment d'entendre ces contradictions qui piègent les personnes défavorisées. Le sentiment douloureux de ne pas avoir suivi l'école la rend attachée à ce que ses enfants s'y rendent et, pourtant, elle ne les envoie pas toujours ; cela dépend des circonstances. Sa vie est beaucoup trop précaire pour lui permettre de réaliser véritablement ce qu'elle a l'intention de faire. Elle est prise au piège car les droits fondamentaux de sa famille ont été bafoués.
Beaucoup de familles sont dans l'impossibilité d'effectuer les choix qu'elle a faits.
Ici, en Amérique du Nord, la situation est la même.
Le mois dernier, Madame H. s'est retrouvée sans argent ni nourriture. Sa plus jeune fille n'était toujours pas inscrite à l'école, plusieurs jours après la rentrée et le début des cours. Elle a passé plusieurs jours à essayer de résoudre le problème et ses ennuis de santé se sont aggravés à force de marcher et de trop se déplacer.
Aurait-elle dû consacrer son temps à chercher de la nourriture pour remplir le garde-manger ? Ou bien aurait-elle dû se rendre à l'école de son quartier afin de solutionner la question de l'inscription de sa fille à l'école ? Au lieu d'être suffisamment forte pour s'adresser à une assistante sociale, elle appréhendait de s'y rendre. Ses enfants auraient pu lui être retirés.
Mais sanctionner cette femme pour ce manquement lié à la pauvreté aurait rendu les choses pires; cela aurait conduit par exemple à arracher des enfants à l'affection de leurs parents et à la placer sous la coupe de personnes étrangères.
Au lieu de condamner l'attitude de Madame H., nous avons besoin de comprendre comment la pauvreté a provoqué cette situation, comme c'était déjà le cas pour Madame V. Pendant que nous blâmons ces femmes pour ne pas avoir envoyé leurs enfants à l'école, elles, doivent consacrer tout leur temps à assurer leur défense. Les intérêts de leurs enfants seraient mieux servis si nous tous, nous nous serrions les coudes pour soutenir les efforts qu'elles ont entrepris. Ces parents ne peuvent réussir que si nous croyons suffisamment en eux et que nous sommes convaincus qu'ils sont suffisamment capables de diriger eux-mêmes leurs efforts pour défendre leurs droits.
Si nous prenons le temps de discuter avec Madame V. ou Madame H, afin de nous connaître et de gagner leur confiance, elles peuvent nous apprendre utilement comment bâtir un monde meilleur pour tous nos enfants: elles peuvent également nous instruire sur la signification latente qui se cache derrière les droits de l'enfant.
Ecoutons la question de Madame V. : "  Mais comment peut-on devenir intelligent quand on peut échanger uniquement à l’intérieur de son propre milieu, avec des personnes pauvres qui n’ont pas été beaucoup à l’école non plus ? "
C'est le véritable piège qui tient les adultes et les enfants complètement enfoncés dans la pauvreté ; ils n'ont jamais eu la chance de discuter d'égal à égal avec des personnes qui ont tiré profit de leur scolarité et de leurs voyages. Mais le traquenard agit dans les deux sens. Le monde est pire sans cette chance, cette occasion unique de comprendre qui sont véritablement les pauvres et ce qu'ils ont à nous apprendre de la société que nous avons édifiée.
Il est très difficile d'apprendre des autres en dépit de toutes nos différences. C'est là que nous, les adultes, pouvons nous enrichir intérieurement au contact des enfants Tapori, issus de tous les milieux, qui ont précocement commencé à trouver un terrain d'entente.
Nous pouvons discuter de la pauvreté jusqu'à la fin des temps. Mais les choses ne changeront pas véritablement jusqu'à ce que nous nous instruisions les uns des autres, de ce qui divise largement les riches et les pauvres.
Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est parce que la pauvreté viole les droits des êtres humains. Nous rejoignons les enfants qui disent non à la pauvreté. Mais rejoindre les enfants très défavorisés sous-entend de rejoindre aussi les parents. Cela implique de soutenir tout effort qui améliore la vie de leurs enfants.
Je voudrais vous faire partager quelques mots de Madame V., une maman, tout comme moi. Cette maman est membre d'ATD Quart Monde en Asie. Voici ses propos:

" Je veux que mes enfants aillent à l’école, non seulement parce que c’est un devoir de parents, mais parce que je ne veux pas que mes enfants endurent ce que j’ai vécu.
Je suis souvent allée à l’école le ventre vide et la faim qui me tiraillait. Je ne pouvais pas faire entrer les leçons dans ma tête. J’ai arrêté d’aller à l’école.
Mais on ne vous respecte pas si vous n’avez pas de connaissance. On ne peut pas parler avec les gens qui ont de l’éducation. On a peur qu’ils vous prennent pour quelqu’un d’idiot.
Mais comment peut-on devenir intelligent quand on peut échanger uniquement à l’intérieur de son propre milieu, avec des personnes pauvres qui n’ont pas été beaucoup à l’école non plus ?
Je veux que mes enfants aillent à l’école parce qu’ils y apprennent des choses que je ne pourrai pas leur enseigner.
Je suis heureuse de voir qu’ils apprennent à respecter leurs parents, leurs frères, leurs soeurs, et les autres également.
Mes deux garçons ont l’habitude d’aider leur père dans son travail de ferrailleur. Parfois, ils trouvent de vieux stylos, des blocs-notes à moitié usagés, et ils savent comment les réutiliser.
Je veux que mes enfants aillent à l’école. C’est une question d’honneur pour moi.
Pourtant, la semaine passée, je n’ai pas pu les envoyer à l’école. Je n’avais rien à leur donner à manger et je n’avais pas d’argent non plus pour qu’ils puissent payer leur déjeuner.
On ne peut pas emprunter chaque fois à quelqu’un pour se payer à déjeuner : j’avais déjà honte de sortir et de devoir affronter les personnes à qui je dois de l’argent.
Lundi prochain, les enfants pourront retourner à l’école. "

Lorsque j'écoute ce que dit Madame V., j'ai le sentiment d'entendre ces contradictions qui piègent les personnes défavorisées. Le sentiment douloureux de ne pas avoir suivi l'école la rend attachée à ce que ses enfants s'y rendent et pourtant, elle ne les envoie pas toujours, cela dépend des circonstances. Sa vie est beaucoup trop précaire pour lui permettre de réaliser véritablement ce qu'elle a l'intention de faire. Elle est prise au piège car les droits fondamentaux de sa famille ont été bafoués.
Beaucoup de familles sont dans l'impossibilité d'effectuer les choix qu'elle a faits.
Ici, en Amérique du Nord, la situation est la même.
Le mois dernier, Madame H
. s'est retrouvée sans argent ni nourriture. Sa plus jeune fille n'était toujours pas inscrite à l'école, plusieurs jours après la rentrée et le début des cours. Elle a passé plusieurs jours à essayer de résoudre le problème et ses ennuis de santé se sont aggravés à force de marcher et de trop se déplacer.
Aurait-elle dû consacrer son temps à chercher de la nourriture pour remplir le garde-manger ? Ou bien aurait-elle dû se rendre à l'école de son quartier afin de solutionner la question de l'inscription de sa fille à l'école ? Au lieu d'être suffisamment forte pour s'adresser à une assistante sociale, elle appréhendait de s'y rendre. Ses enfants auraient pu lui être retirés.
Mais sanctionner cette femme pour ce manquement lié à la pauvreté aurait rendu les choses pires ; cela aurait conduit par exemple à arracher des enfants à l'affection de leurs parents et à la placer sous la coupe de personnes étrangères.
Au lieu de condamner l'attitude de Madame H
., nous avons besoin de comprendre comment la pauvreté a provoqué cette situation, comme c'était déjà le cas pour Madame V. Quand nous blâmons ces femmes pour ne pas avoir envoyé leurs enfants à l'école, elles doivent consacrer tout leur temps à assurer leur défense. Les intérêts de leurs enfants seraient mieux servis si nous tous, nous nous serrions les coudes pour soutenir les efforts qu'elles ont entrepris. Ces parents ne peuvent réussir que si nous croyons suffisamment en eux et que nous sommes convaincus qu'ils sont suffisamment capables de diriger eux-mêmes leurs efforts pour défendre leurs droits.
Si nous prenons le temps de discuter avec Madame V. ou Madame H
., afin de nous connaître et de gagner leur confiance, elles peuvent nous apprendre utilement comment bâtir un monde meilleur pour tous nos enfants: elles peuvent également nous instruire sur la signification latente qui se cache derrière les droits de l'enfant.
Ecoutons la question de Madame V. : "  Mais comment peut-on devenir intelligent quand on peut échanger uniquement à l’intérieur de son propre milieu, avec des personnes pauvres qui n’ont pas été beaucoup à l’école non plus ? "
C'est le véritable piège qui tient les adultes et les enfants complètement enfoncés dans la pauvreté ; ils n'ont jamais eu la chance de discuter d'égal à égal avec des personnes qui ont tiré profit de leur scolarité et de leurs voyages. Mais le traquenard agit dans les deux sens. Le monde est pire sans cette chance, cette occasion unique de comprendre qui sont véritablement les pauvres et ce qu'ils ont à nous apprendre de la société que nous avons édifiée.
Il est très difficile d'apprendre des autres en dépit de toutes nos différences. C'est là que nous, les adultes, pouvons nous enrichir intérieurement au contact des enfants Tapori, issus de tous les milieux qui ont précocement commencé à trouver un terrain d'entente.
Nous pouvons discuter de la pauvreté jusqu'à la fin des temps. Mais les choses ne changeront pas véritablement jusqu'à ce que nous nous instruisions les uns des autres, de ce qui divise largement les riches et les pauvres.

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Déclaration du Pape le 17 Octobre 1999, après l'Angélus

Aujourd'hui est célébrée la Journée mondiale du refus de la misère, lancé par le Père Joseph Wrésinski et reconnue par les Nations Unies. En cette dernière année préparatoire au grand Jubilé, qui est consacrée au Père miséricordieux et à la charité, j'exprime ma proximité spirituelle de toutes les personnes qui vivent dans des situations de pauvreté extrême.
Dieu entend le cri des pauvres. Vous qui souffrez et qui espérez, le Christ est avec vous, car il lutte aux côtés de ceux qui sont bafoués dans leur dignité. L'Eglise est avec vous dans vos efforts quotidiens pour bâtir vos familles et y faire grandir vos enfants.
J'appelle aussi les responsables des nations, tous les disciples du Christ et les hommes de bonne volonté à s'engager toujours plus intensément pour porter remède à l'extrême pauvreté en soutenant les efforts de ceux qui luttent contre la misère dans laquelle ils se trouvent et de ceux qui les soutiennent, pour travailler avec ardeur à la création d'une culture de solidarité et d'une société où chacun a sa place, dans le respect des principes de justice, de paix, de fraternité et de charité.

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Allocution de M. Juan Somavia, Directeur Général du BIT, à l’et droits fondamentaux au travail, "l’abolition effective du travail des enfants".

Grâce au mécanisme de suivi de la Déclaration, les progrès sur le chemin conduisant à cette élimination seront mesurés soigneusement tous les quatre ans, dans tous les pays, et nous aiderons tous ceux qui veulent y avancer avec nous et ne le peuvent, faute de moyens. Toutefois, s'il faut encore du temps pour atteindre le but, il est intolérable de ne pas éliminer en revanche, sans délais, les pires formes de travail des enfants. Il faut porter secours, sans attendre, à 60 millions d'entre eux qui vivent dans des circonstances exigeant une assistance immédiate à personnes en danger.

D'où la nouvelle Convention 182, élaborée par notre Organisation cette année même, visant justement l'élimination immédiate des pires formes de travail des enfants. Approuvée par l'ensemble de nos 174 pays membres, sans opposition, sans abstention, elle traduit un refus unanime de formes d'injustice les plus aberrantes qui doivent cesser partout et tout de suite.

Qui d'entre nous peut rester indifférent devant des enfants esclaves, vendus, enchaînés, mutilés, recrutés de force dans des conflits armés ? Qui d'entre nous peut rester indifférent devant des enfants forcés d'assouvir les passions dévoyées de quelques adultes dans la prostitution ou la pornographie ? Qui d'entre nous peut rester indifférent devant des enfants contraints de propager la mort dans des activités illicites, crime organisé ou drogue répandue ? Qui d'entre nous peut rester indifférent devant des enfants blessés à jamais dans leur intégrité physique ou morale par les conditions de travail auxquelles ils sont soumis ?

Voilà bien une cause capable de mobiliser tous les Etats du monde et c'est pourquoi, au-delà de l'expression unanime d'un vote, il convient que tous ratifient, sans aucun retard, cette convention majeure, et qu’elle soit mise en œuvre.

Nous avons besoin de vous, comme de toutes les organisations de la société civile pour agir sur le terrain et exercer une pression démocratique forte dans tous les pays du monde. ATD Quart Monde est un phare. Il n'est pas insignifiant que l'initiative privée de son fondateur ait été relayée par la Communauté internationale, quand l'Assemblée générale des Nations Unies, le 22 décembre 1992, a proclamé la journée du 17 octobre "Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté". L'enjeu de ce jour est d'une telle importance qu'il ne pouvait absolument pas être oublié du seul fait qu'il tombât cette année un Dimanche.

Soyez remerciés d'avoir proposé de tenir aujourd'hui cette commémoration ici même. Dans cette maison, les plus petits et, parmi eux, tout spécialement, les plus abandonnés des enfants ont toujours trouvé et devront toujours trouver ouverture, intelligence et service pour les défendre de l'adversité qui s'acharne sur eux.

Nous serions honorés que vous puissiez, ici, vous sentir chez vous.

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Communiqué de presse de l’Office des Nations Unies à Genève : Message de Monsieur KOFI Annan Secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère le 17 Octobre 1999 - New York

Les occasions n’ont pas manqué, au cours de ce siècle qui s’achève, de réfléchir au problème de la pauvreté et aux graves déséquilibres qu’il traduit, tant au niveau national qu’à l’échelle mondiale. Maintes fois nous avons clamé notre volonté de venir à bout de la misère, maintes fois nous avons affirmé qu’elle était incompatible avec la dignité humaine.

Pourtant, des milliards d’individus tentent encore de survivre avec moins de 3 dollars par jour, privés d’eau salubre, de soins de santé, d’accès à l'éducation. privés aussi des emplois qui leur permettraient d'échapper à la misère. Privés, par là-même, de certains de leurs droits les plus fondamentaux.

Cela ne veut pas dire que l'éradication de la pauvreté soit un projet irréalisable. Des progrès ont été accomplis. La malnutrition a reculé, le taux de mortalité infantile aussi, la proportion

d'enfants scolarisés a considérablement augmenté. Ces indicateurs du développement social traduisent de réelles améliorations dans la vie quotidienne de millions de personnes démunies.

La faim, la maladie et l'ignorance ne sont pas inéluctables.

Nous savons, pour l'essentiel, comment nous y attaquer. Nous connaissons même à peu près le montant des ressources supplémentaires qu’il faudrait dégager chaque année pour que les besoins fondamentaux de tous les êtres humains puissent être satisfaits: l’équivalent de ce que les Européens dépensent par an en cigarettes.

Nous avons fait un pas en avant en nous traçant une voie claire pour le siècle prochain. Les grandes conférences des années 90 ont défini les orientations à suivre pour assurer un développement durable à tous les peuples de la terre. Pratiquement tous les gouvernements se sont fixés des objectifs et des échéances. Tout récemment, l’ONU a lancé une campagne mondiale visant à réduire de moitié, d’ici à l’an 2015, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue.Le secteur privé se sent lui aussi de plus en plus concerné.

Nous devons à présent aller au-delà des mots. Voir l’éradication de la pauvreté non seulement comme une priorité politique mais comme un " devoir sacré ". Il y va de la dignité de tous les êtres humains: ceux dont la misère est le lot quotidien, mais aussi et surtout ceux qui ont les moyens de les aider à en sortir. Ensemble, nous devons d’urgence affirmer par l’action notre volonté de livrer un combat sans merci à la pauvreté.

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