Retour 17 octobre 1999 - Retour agenda
France
La journée
du 17 octobre 1999
Sur le
Parvis des Droits de l'Homme Place du Trocadéro - Paris
Sur le parvis du Trocadéro, où fut signée la
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et où se trouve
la dalle en l'honneur des victimes de la misère inaugurée le 17
octobre 1987, rencontres, débats et témoignages ont marqué le
17 Octobre 1999.
Aux côtés des plus démunis, des représentants du monde
culturel, politique, associatif, spirituel... étaient présents
pour signifier leur refus de la misère.
A Paris au Trocadéro, de 10 heures à 18 heures
Cette année le parvis du Trocadéro étant fermé pour rénovation, exceptionnellement la Journée du 17 octobre a été organisée sur lespace situé entre le Théâtre National de Chaillot et les bassins du Trocadéro.
Plusieurs activités et temps forts ont marqué cette journée :
Espace " Lamitié gagne sur la misère ", de 10h à 17h
Toute la journée, les enfants, si possible accompagnés dadultes de leur famille, étaient accueillis dans cet espace. Ils pouvaient y rencontrer des enfants " Tapori " qui expliquaient leur combat contre la misère par lamitié quils créent. Ils pouvaient aussi y découvrir ce que vivent et réalisent leurs camarades dans le monde entier, à travers des expositions, des livres, des sketches joués par dautres enfants... Il leur sera proposé de participer au Forum international des enfants de Genève qui aura lieu le 20 novembre , en apportant leur contribution à cet événement par la réalisation de leur portrait et par l'écriture d'un message.
Ces portraits devront être réalisés sur un morceau de tissu, dessiné et décoré avec des feutres, de la peinture et des matériaux divers. Ils seront ensuite rassemblés en farandoles qui seront déployées par les enfants délégués à Genève lors de la rencontre avec Mary Robinson, Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies.
Les messages signifieront l'accord de chaque enfant avec ce que les enfants rassemblés à Genève diront à Mary Robinson, un encouragement pour ces enfants et la possibilité d'exprimer personnellement leur témoignage et ce qui leur tient à cur.
Les adultes accompagnant les enfants étaient invités à les guider dans l'écriture de ce message ainsi que dans la réalisation du portrait afin de marquer aussi leur engagement vers un avenir sans misère pour tous les enfants.
Animations sportives dans les jardins du Trocadéro, de 10h à 17h
A linitiative de la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail) et de Jeunesse Quart Monde, des jeunes ont accueilli les enfants et leur ont proposé des activités sportives et des jeux déquipes où la participation de chacun était indispensable au succès de tous.
Espace " En lien avec le monde "
Dans cet espace, et avec laide dordinateurs reliés à Internet, adultes et jeunes ont pu prendre connaissance de la façon dont la Journée est marquée à travers le monde et des messages envoyés depuis les rassemblements qui se tiennent dans divers pays. Ceux qui le souhaitaient ont pu prendre le temps décrire un témoignage ou un message.
Cérémonie inter-religieuse organisée avec la Conférence Mondiale des Religions pour la paix à 12h00. (Déclaration de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix à l'occasion de la journée de refus de la misère, le 17 octobre 1999)
Des conférences-débats, l'après midi
Essentiellement centrées autour des enfants et de leur avenir, les conférences-débats ont abordé également l'engagement civique auquel chacun est appelé pour faire vivre lesprit de la loi d'orientation contre les exclusions et rendre effectifs les droits quelle cherche à garantir. Des hommes et des femmes très divers ont parlé de ce quils font pour refuser la misère et promouvoir la participation de tous dans tous les domaines.
Les conférences-débats étaient prévues à 14h30, 15h30 et 16h30.
Un rassemblement général de 17h30 à 18h00
La Journée s'est terminée par un rassemblement de 17h30 à 18h00, au pied du Théâtre National de Chaillot, qui a comporté plusieurs interventions :
- des militants Quart Monde au nom des parents très défavorisés,
- M. Fédérico Mayor, Directeur Général de l'UNESCO,
- Paul Bouchet, président du Mouvement ATD Quart Monde - France,
- message des enfants avec un geste invitant les adultes à les soutenir.
Pour plus de renseignements, envoyer un e-mail au Comité d'organisation.
Programme des conférences-débats
Lieu |
14 H 30 |
TENTE N° 1 |
Docteur François REMY Président d'Honneur du Comité Français pour l'UNICEF, Directeur Honoraire de l'UNICEF. Il dira comment il agit pour la survie et le développement de l'enfance (en particulier par l'éducation des filles) en s'appuyant sur la coopération des citoyens et d'associations partenaires. |
TENTE N° 2 |
Martine BERTIN Institutrice de tout petits dans une école maternelle située en zone d'éducation prioritaire où elle habite, elle dira comment elle envisage son rôle denseignante comme co-éducatrice, avec leurs parents, de ses petits élèves. |
TENTE N°3 |
Huguette GARSMEUR Guillaume TISSOT du Groupe de mobilisation pour le suivi de la loi relative à la lutte contre les exclusions, mis en place dans la région Nord - Pas de Calais par les membres du Mouvement ATD Quart Monde. Ils diront comment ce groupe veille à la bonne application de la loi et donneront des exemples dactions menées pour le respect de l'égale dignité de tous. |
TENTE N° 4 |
Marie-Christine CLEMENT Isabelle DELIGNE Médecins travaillant dans le secteur de la petite enfance, elles diront en quoi leur travail en partenariat avec des parents vivant des difficultés a influencé leur pratique professionnelle actuelle. |
TENTE N°5 |
Serge MAGNA Directeur du RelaiSoleil les Flocons Verts, village de vacances du Tourisme Social en Haute Savoie. Il accueille de nombreuses familles en vacances toute l'année et réserve des places aux familles les plus démunies. Il nous décrira les enjeux, la réussite et les difficultés de tels accueils qui sont, en définitive, un élément déterminant pour le droit aux vacances pour tous. |
Déclaration de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix à l'occasion de la journée de refus de la misère, le 17 octobre 1999
REFUSER LA MISERE : UN DÉFI POUR LES RELIGIONS
Refuser la misère, vaincre l'exclusion : un défi humain et social. Paradoxe d'aujourd'hui : une solidarité admirable côtoie une exclusion grandissante. Mais au delà du droit des exclus, au delà de la compassion, l'exclusion est aussi un défi pour les religions. Un défi qui se présente sous un jour nouveau : celui de la pluralité religieuse. Les religions se sont souvent opposées, dialogueront-elles pour le relever ?
Nous n'acceptons pas le regard porté sur les plus pauvres qui met en doute, qui culpabilise et qui considère la misère comme une fatalité. Nous n'acceptons pas la concurrence et la compétition économique comme seule règle. Le respect de la personne et l'estime de soi ne se fondent pas sur la réussite sociale et matérielle. L'exclusion commence déjà dans notre façon de voir les personnes et les situations. Nous pensons que la misère n'est pas une fatalité qui nous dépasse.
Les religions nous rappellent avec force la valeur de toute vie humaine, ses potentialités et l'importance de donner de bonnes conditions pour leur réalisation. Elles invitent à porter un regard aimant sur le pauvre, l'exclu, l'opprimé et nous rappellent instamment au devoir essentiel de solidarité et de justice. Militants et exclus, en douterions-nous ? Plus particulièrement aujourd'hui, elles nous invitent à une fraternité interculturelle, dépassant les frontières sociales et religieuses.
Les lignes de fracture sont plus nombreuses aujourd'hui : la pauvreté n'est pas seulement matérielle et sociale, elle peut aussi être psychique, culturelle ou religieuse. On jugera nos communautés à la place qu'elles font aux plus fragiles.
Nous nous engageons à oser franchir plus de barrières, à construire des ponts avec ceux que nous ne rencontrons pas habituellement dans notre communauté religieuse, notre quartier, notre ville, et à découvrir la richesse de leur expérience, de leur regard, de leur humanité.
Face à l'exclusion, nous disons notre volonté et notre conviction, à la fois comme individus, comme communautés et dans une démarche interreligieuse commune. Chacun à notre manière nous recherchons force et confiance, imagination et courage pour envisager l'avenir avec celles et ceux qui sont exclus, ainsi qu'avec les responsables sociaux, politiques, religieux, les militants, les citoyens, bref tous ceux qui oeuvrent pour faire reculer la misère et construire la paix.